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Exposition peintures
Marie-Pierre Valat
Les emperlées ont perdu le fil

Château Royal de Collioure

Du 08 juillet au 31 août 2008,
tous les jours de 10h00 à 19h00

Vernissage en couleurs, mercredi 9 juillet à 18h00

Informations au 04 68 82 06 43

 

 

Fille du Languedoc et enseignante en arts plastiques, Marie-Pierre Valat peint des femmes, essentiellement des femmes, parfois, rarement, elles sont accompagnées d’hommes-rêves.

Elles ont quelque chose de primitif, évoquent Les Demoiselles d’Avignon de Picasso, les femmes de îles de Gauguin, La Danse de Matisse. Dans la couleur, souvent violente, les “Fauves”.

Elles sont végétales, sculpturales. Se contorsionnent pour entrer dans le cadre.

Aucun espace n’est vide dans la toile. Un presque trop plein.

Marie-Pierre Valat joue à décliner les couleurs dans un cadre contrainte. Il y a un paradoxe entre la violence et la joie, la douleur et la souplesse. L’angoisse est apprivoisée.

Un fil est déroulé de toile en toile et tisse l’ensemble. Il pourrait créer un enfermement mais la couleur toujours intense, vive, surprenante est l’issue, la libération, la merveilleuse explosion de vie qui ouvre vers une autre dimension.

Les héroïnes de Marie Pierre Valat vous reçoivent, jusqu’à fin août, dans leur villégiature estivale au Château Royal.


 


Je peins des femmes, essentiellement des femmes. Parfois, de plus en plus souvent, elles sont accompagnées d’hommes - rêves.

J’appelle mes toiles “les émotives”, je les décline en “raisons perdues”, “hirsutes”, “emperlées”. Je peins mes coups de folie, mes tentatives pour advenir, mes incertitudes. Je peins et la peinture me peint.

C’est un même fil qui se déroule de toile en toile. Un fil qui tisse, qui dessine, presque plus vite que moi, qui se pose, qui s’impose. J’enroule, je déroule, toujours le même fil. La femme au centre. La femme accompagnée.

Des ébats, on se débat, on s’ébroue, on joue.

Des femmes qui font de la gymnastique, un peu perdues, un peu étonnées, surprises, comme par un flash aussi, quelque chose “tac” qui les arrête là d’un coup “tac”.

On se cache derrière toutes ces couleurs, tous ces fils qui s’enroulent. On se cache. On joue même les exploratrices. Les exploratrices. On dessine, on se dessine, on se devine, on se devine.

Elles ont des seins partout. Elles mettent des seins partout. HUMM, de l’amour, du désir, de l’envie. HUMM, encore, encore. Des couleurs, des couleurs, des couleurs, qui s’apposent, en aplats, qui se mélangent, qui redeviennent aplats, des collages, des motifs. Des dessins purs, des dessins alambiqués avec des grandes mains, des grands doigts, des grands pieds.

Faisons simple : un fil qui se déroule c’est un œil qui se dessine, son voisin à coté, dessous le nez, dessous la bouche, après un rond qui englobe le tout, hop, une tête, à partir de la tête il faut embrayer le corps, et les bras et les pieds, et les jambes et les seins, et les cheveux, et si on a de la place là-dedans, on rajoute un bonhomme, un bonhomme qui va faire quoi? s’interpénétrer, se caler, se cambrer, hummm, c’est bon tout ça. Les hommes ils n’ont pas de cheveux. Je dois les aimer chauves. C’est un embrouillamini subtil de pieds, de jambes, de mains, de corps, d’esprits. Où est l’esprit? Es-tu là? Le tout, extrêmement désirant. Hummm.

Les émotives, quand elles sont toutes seules, on a l’impression que quelqu’un a fait “Bouh”, et qu’elles ont peur là un peu, hop, hop, j’me tiens, non j’ai pas eu peur, non, non j’ai pas tressauté, non. Ou alors qu’elles ont trébuché en montant sur un trottoir. Chup, elles ont failli se casser la figure, et puis, hhhhha, elles se reprennent, à non, non, non, personne m’a vue, une pose un peu coincée, un peu, comme elle se fait, mais bon voilà, personne m’a vue, on recommence. Celle qui recommence, c’est la suivante, dans le fil qui se déroule.

Hop, elles ressemble, elle ressemble pas, elle s’éloigne, elles s’éloignent toute un peu, c’est toujours les mêmes, la même famille, mais, il y a des cousines, des cousines éloignées, des sœurs, plus ou moins proches, plus ou moins lointaines, et puis là, oh, tiens, le nez de la grand mère qui revient dans cette figure. Oui, pourquoi pas. Ou plutôt, l’élan du corps. Le pli, le dépli, le repli. Je me replie derrière toutes ces figures qui me dévoilent et me cachent. Elles ont des grandes mains pour pouvoir mieux vous toucher. Elles ont des grands pieds parce que, Hummm, c’est l’pied !

Marie Pierre Valat


Conseil Général des Pyrénées-Orientales
24, quai Sadi Carnot, 66009 - Perpignan Cedex - Tél. 04 68 85 85 85

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