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Les Feux de la Saint Jean


à Prades

 

Parmi la multitude des cérémonies rattachées à la Semaine Sainte et à ses rituels, c'est incontestablement le jour du Vendredi Saint que toutes les églises du Roussillon communient dans une même atmosphère de piété et expriment de la façon la plus spectaculaire leur sentiment de désolation. A Bouleternère, Collioure, Arles sur Tech, les processions nocturnes, le plus souvent éclairées aux flambeaux, en sont autant de témoignages d'autant plus émouvants, mais l'expression la plus extraordinaire de ce jour de martyre christique, c'est sans doute à Perpignan qu'elle se manifeste le plus magistralement.

Ce jour là, les portes de l'église Saint Jacques s'ouvrent pour laisser passer, encadré des régidors vêtus de leurs noirs caparutxes, le pénitent rouge. Au son d'une cloche de bronze qui jadis scanda le tragique parcours des condamnés à mort, c'est lui qui aujourd'hui rythme le long cortège des "mistéris", ces représentations en grandeur nature des différentes scènes de la Passion.

Au pas lent du Régidor, au roulement lugubre des tambours voilés de crêpe noir, vont se succéder tous les personnages des souffrances du golgotha :
Christs tragiques ou athlétiques, Vierges de Douleurs aux petits visages blêmes, aux traits tirés et au coeur transpercé de glaives.....C'est ici sans aucun doute que se dérole le plus émouvant cérémonial de procession de la Semaine Sainte que conserve la France : celle que les Confrères de la Sanch créérent en 1416 et dont le serment qu'ils firent alors de célébrer ce jour de souffrance tous les Vendredis Saints n'a jamais failli au cours des 500 ans de leur existence.

Renseignements :
04 68 51 52 53


TERRE D’HISTOIRE et de PATRIMOINE

TRADITIONS : LA SAINT JEAN

Pour le solstice d’été, les fêtes de la Saint-Jean sont l’occasion de renouveler au sommet du Canigou, la fraternité qui existe depuis toujours entre catalans des deux côtés des Pyrénées méditerranéennes. Le 22 juin, une flamme conservée toute l’année au Castillet à Perpignan, est portée au sommet du Canigou, mont sacré des habitants du pays. Là, à minuit, elle est régénérée avec des fagots venus de tous les pays catalans. Et c’est alors que commence le grand relais pédestre de jeunes montagnards pour transmettre la flamme, qui, dans la nuit du 23 juin, embrase des milliers de feux préparés dans tous les villages.

A Perpignan, l’arrivée de la flamme est attendue par des milliers de personnes chaque année. Elle donne lieu, en effet, à une fête très populaire et spectaculaire : cavaliers, musiques traditionnelle et classique, audiovisuel sur grand écran, spectacle pyrotechnique, laser et, pour couronner le tout, la sardane est dansée autour des bûchers.

Cette flamme qui ne s’éteint jamais…

Au commencement était une ancienne tradition appelée « Feux de la Saint Jean » qui, était, comme partout en France, une coutume bien ancrée en terre catalane. A la fin de la dernière guerre, cette tradition s’éteignait lentement. Pourtant un jour de 1955, un montagnard Arlésien, François Pujade, allume à la fois pour fêter son anniversaire et cette nuit mythique, un feu au sommet du Canigou. Séduite par cet acte symbolique, la section « Montagne » du Cercle des Jeunes va, dès l’année suivante faire s’embraser, les sommets de la Catalogne tout entière. En 1963, toujours à l’initiative du Cercle des Jeunes, la flamme du Canigou descend pour la première fois dans la plaine se démultipliant dans les villages où on l’attend avec une ferveur certaine. En 1964, le Castillet, ancienne porte de la ville de Perpignan abrite officiellement le Musée Catalan des Arts et Traditions Populaires. La cuisine du Mas del Gleix, dans les hautes Aspres, est reconstituée à l’identique dans l’une des salles. On laissera à Marguerite Mestre Grando l’honneur d’allumer pour la première fois dans l’âtre de la cuisine de son enfance la flamme qu’elle transmet à ceux qui la monteront désormais au Canigou. Depuis ce jour, la flamme du « Llum d’Oli » ne s’éteindra jamais au Castillet… Marguerite Mestres renouvellera son geste 3 fois avant de mourir en 1966. Dès lors, chaque année, la veille de la Saint Jean, trois montagnards quittent les murailles ancestrales du Castillet dans la matinée du 22 juin et montent la flamme au sommet du Canigou. Parvenue au plus haut pic, elle sera régénérée grâce aux fagots apportés le week-end précédent, dit « Trobada del Canigo » de la Catalogne tout entière et même, pour certains, de provinces situées bien au-delà de nos frontières catalanes. Au matin du 23 juin commencera alors le long défilé des « mainteneurs de la tradition », venus de tous les horizons recueillir un peu de ce feu mythique. Mais, ce n’est qu’à 22h30, afin de respecter le rituel nocturne de cette fête, que « Le Rey dels focs » (Roi des Feux), appelé aussi « Pare » (père), sera allumé, donnant ainsi le signal d’embrasement de tous ses fils flamboyants. Si nombreux aujourd’hui que le Canigou, montagne reine des Catalans est aussi appelé la montagne aux 100 000 feux.


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