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Le climat Géographie physique des Pyrénées-Orientales
Les textes de cette page sont de Bertrand Lemartinel et Marc Calvet, extraits du livre "Les Pyrénées-Orientales, encyclopédie illustrée du Pays Catalan", de Michel Demelin et Jean Reynal, aux éditions Privat.
"Les Pyrénées-Orientales sont le lieux des contraires, comme le découvrent d'emblée les voyageurs venus par le Pas de Salses :
Les contrastes sont également ceux de la végétation, puisque l'on rencontre ici les garrigues méditerranéennes, la forêt atlantique et les hautes pelouses alpines ! C'est dire l'originalité de ce territoire exceptionnel à bien des égards. Les Pyrénées viennent s'y effondrer dans la Méditerranée. Mais elles sont en leur longueur coupées par des vallées orientées sud-ouest/nord-ouest, qui suivent des fossés d'effondrement et délimitent les grands éléments de la topographie locale :
Le choc pyrénéen L'histoire géologique de la chaîne est ancienne et complexe, et parfois embellie par des légendes qui voudraient voir dans le Canigó un ancien volcan. On insistera simplement sur la genèse des structures de la chaîne actuelle, qui résulte en partie d'une collision de la péninsule ibérique avec l'Europe du Nord. Entre -65 et -35 millions d'années (MA), la zone a été écrasée entre les mâchoires de cet étau continental, et un ensemble montagneux est né de cette compression. Il a été toutefois démoli par l'érosion durant l'oligocène, de -35 à -25 MA ; les volumes nés d'un deuxième soulèvement, vers -25 MA, ont été à leur tour aplanis, vers -17 MA. Des éléments de la plaine alors formée tout près du niveau de la mer sont encore visibles dans les paysages actuels : ce sont les plateaux de Baixas, de Montalba ou du causse de Thuir. Mais certains lambeaux en sont visibles bien plus en altitude, au Pla Guillem, au Madrès ou sur les plateaux du Carlit, portés à plus de 2400 m ! C'est dire que la montagne actuelle n'a rien à voir avec l'édification de la vieille chîne plissée du début du tertiaire ; elle se soulève depuis environ 8 MA, et les aplanissements que nous signalons plus haut donnent la mesure de cette déformation d'ensemble de l'aire pyrénéenne. Faible près de la mer, elle s'accélère, puisque la surrection a été de l'ordre du kilomètre durant le quaternaire (1,8 MA). Les mesures comparatives de niovellement faites sur un siècle entre le sommet du Canigó et la gare de Perpignan montrent un exhaussement de 1 mm/an. Il est probable que la chaîne n'a jamais été aussi haute qu'aujourd'hui ; jamais n'a paru moins vérifiée l'affirmation de Castelldosrius, ambassadeur d'Espagne, déclarant en 1701, que "les Pyrénées étaient fondues" ! Ce soulèvement a permis l'incision des vallées et l'installation des glaciers. Ces derniers, mal alimentés par les pluies de la Méditerranée, n'ont jamais atteint les dimensions spectaculaires des appareils ariégeois. Au mieux ont-ils poussé devant eux des moraines frontale comme celle visible à Mont-Louis. Mais ils ont néanmoins au façonnement d'auges bien inscrites dans les paysages, par exemple au sud de Saint-Pierre-dels-Forcats, ou au pied du Carlit. On leur doit dans ce secteur, les surcreusements qui ont favorisé l'installation de slacs chéris des hydroélectriciens et des amateurs de pêche sportive.
Une végétation variée La végétation actuelle s'est donc mise en place lorsque les glaciers de Würm (dernière période froide) ont fondu. La reconquête de la montagne fut rapide, à partir des refuges constitués par les adrets des vallées montagnardes. L'étage alpin - celui des pelouses, a été artificiellement étendu vers le bas, au détriment des forêts de pins à crochets. En dessous de 1800 m, l'étage montagnard abrite de belles forêts : dans les zones les plus sèches, on découvre le pin sylvestre à l'écorce rougeâtre ; l'humidité favorise le sapin, mêlé de hêtre vers le bas de l'étage. Plus bas, les zones subméditerranéennes et méditerranéennes, plus ou moins dégradées. Les premières se caractérisent par une abondante population de chênes pubescents, mais les hommes ont favorisé sur les terrains acides le taillis de châtaigners, qui a longtemps fourni les piquets de vigne et les douves de tonnellerie. Les secondes, dans les Aspres et les Albères, sont dominées par le chêne-liège qui a alimenté l'industrie du bouchon, encore active actuellement ; c'est surtout le chêne-vert qui peuple les plaines et les premières pentes. Toutefois, la végétation naturelle a cédé sa place, en plaine, aux vergers et à la vigne ; sur les premières pentes aujourd'hui abandonnées par les agriculteurs, à un dense maquis ou à des garrigues. La richesse faunistique et floristique, dans des milieux aussi variés, est évidemment remarquable...
Un climat parfois catastrophique Les Pyrénées-Orientales ne sont pas toujours une terre de douceur : les aiguats, qui désignent à la fois des pluies exceptionnelles et les inondations catastrophiques, viennent régulièrement dévaster les vallées et les basses plaines. Les averses intenses en automne, induisent des crues brutales ou crues-éclair. L'exemple le plus récent en est la montée des eaux de l'Agly, les 12 et 13 novembre 1999 ; en dépassanr les 2000 m3/s, ce fleuve a débordé, crevé ses digues et inondé la Salanque. En octobre 1940, le cataclysme fut bien plus terrible, et plusieurs dizaine de millions de tonnes d'alluvions se déversèrent sur le Roussillon, encore peu urbanisé. On n'ose penser ce qui se passerai aujourd'hui si la catastrophe se produisait à l'identique. En effet, bien des zones spécialement loties se situent dans des secteurs très inondables : les études géoarchéologiques récemment menées prouvent que les fleuves n'ont cessé de s'exhausser sur leurs propres alluvions depuis le néolithique ; les églises romanes de la Salanque sont souvent enterrées par 2 à 3 m de limons.
Une montagne château d'eau Le réseau hydrographique naturel, abondé par le château d'eau montagnard, a été complété, dès le Moyen Age, par un réseau d'irrigation particulièrement remarquable. Les prises d'eaux, nommées rascloses, alimentent des canaux qui sinuent à flanc de montagne et de terrasse alluviale. Ainsi le canal de Bohère coule de Serdinya jusqu'au bassin de Prades. Celui de Perpignan commence sa course en Riberal. Certaines nappes phréatiques superficielles, comme celle de Bouleternère-Ille doivent beaucoup aux déperditions de ces écoulements artificiels. C'est pourquoi les aménagements récents, comme le cuvelage ou la mise en place des systèmes d'aspersion sous pression devraient être pensés avec prudence. Ce n'est pas toujours le cas actuellement."
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