Bienvenue
Sommaire
Actualité
Carnet d'adresses
Manifestations
Panoramas
Pays catalan
Le logo
Webmestre
Pays Catalan
Sommaire
Présentation
Climat des P.O.
Economie
Hommes célèbres
Sites
Beaux villages
Trésors des P.O.
Gastronomie

Les trésors des P.O.

France Bleue Roussilon a diffusé des chroniques sur le département (été 2002).

De la sardane au petit train jaune en passant par le Palais des Rois de Majorque, vous allez découvrir les petits trésors qui font de notre département l'un des plus riches de France.
Auteur : Anne-Florence Lièvremont

 

  • Pêche Lamparo
  • Tuilerie Pujo
  • Gustave Violet
  • Sentier écureuils
  • Collioure
  • Monastère - abbaye
  • Prieuré Serrabone
  • Chapelle et ermitage
  • Gorges du Sègre
  • Forteresse Salses
  • Croquant amandes
  • Fouet - micocoulier
  • Ille sur Têt
  • Grenat Perpignan
  • Fête Rodella
  • Cuisine Catalane
  • Musée Maillol
  • Bébètes Cerdagne
  • Petit train jaune
  • Mosset
  • Port Barcarès
  • Pêcher au paradis
  • Vents Pays Catalan


  •  

    La pêche au Lamparo

    Bonjour à toutes zé à tous ! … Si je vous dis "pêche"… Vous me dites…"fruit"… Et je vous dis " non"… C’est de pêche en mer dont je vais vous parler aujourd’hui. La pêche au lamparo se pratiquait autrefois, comme dans tous les villages de la côte catalane.

    Ce type de pêche bien particulier fut introduit en Pays Catalan par les républicains espagnols.

    Dans les années cinquante, la pêche au lamparo avait lieu de nuit et son but était de prendre du poisson bleu, autrement dit sardines, anchois et maquereaux. Le principe en était simple : attirer les bancs de poissons de surface sous les faisceaux de lumières puissants installés dans de petites embarcations appelées "Lamparos". Une fois ensorcelé et hypnotisé par cette lumière, tel Ulysse par les sirènes, le banc de poisson était encerclé et capturé dans les filets du chalut accompagnant le canot. Cette technique de pêche permettait de ramener à quai un poisson en parfait état puisqu’il n’était pas compressé au fond du filet. Certains même disaient que le poisson n’était pas " stressé ", ce qui certifiait une qualité supérieur.

    À cette époque, lorsqu’on était sur le port ou sur la plage, on regardait l’horizon pour le voir briller comme si toutes les étoiles étaient tombées dans l’eau.

    Hélas, ces lumières se sont éteintes, au profit des nouvelles techniques de pêche moderne. Néanmoins, si vous aimez la mer et la pêche, vous serez ravis d’aller, au moins une fois, au Port de Canet pour assister à la reconstitution de cette pêche au lamparo. Elle a lieu deux lundi par mois et elle est suivie d’une " sardinade " pour que tout le monde puisse profiter des bienfaits du poisson.


     

    La Tuilerie Pujo

    Bonjour… Le Pays Catalan est riche de tout… Bon, je sais, c’est un peu présomptueux de dire ça comme ça, à brûle pourpoint, mais c’est la vérité vraie. Je n’aurais sans doute pas assez de 45 jours pour vous raconter cette terre, ces gens, ces monuments, ces métiers, ces saveurs dont les catalans ont le secret… Mais je suis néanmoins fermement décidée à vous en faire découvrir - ou redécouvrir - quelques uns.

    Si vous allez vous balader du… Non, il FAUT que vous alliez vous balader du côté de St Féliu d’Avall en Conflent pour y découvrir, entre autres, la dernière tuilerie en activité du département. Depuis 4 générations, les Pujo perpétue la tradition en fabricant gouttières, chéneaux, gargouilles, descentes d’eau et ornements.

    C’est dans les ateliers sombres de l’ancienne briqueterie que l’on peut croiser des hommes travaillant au même rythme depuis des siècles… " Ô temps, suspend ton vol… " Ici pas de mystère ni de secret de fabrique, l’argile est façonnée simplement selon un savoir-faire artisanal unique.

    En cuisant, l’argile, extraire derrière la tuilerie, se colore. Elle prend une splendide teinte rouge parce qu’en Pays Catalan les sols sont riches en fer et pauvres en calcaire… Si vous ne le saviez pas, c’est chose faite !

    Entre les deux cuissons, les pièces sont soigneusement inspectées… On ne rigole pas avec la tradition… Si l’une d’entre elles est fêlée, elle sonnera faux… Si elle est carrément fendue, le son produit sera mat…

    L’émaillage quant à lui est pratiqué à la main. Une fois achevées, les pièces peuvent être vert olive, vert bleuté, bleu cobalt, bleu marine, bordeaux, pain brûlé ou miel… Si ça vous fait pas rêver tout ça, moi je rends mon tablier !

    Ah oui, j’oubliais, avant de partir de la tuilerie, tendez bien l’oreille… pendant le refroidissement de l’émail, les pièces émettent une multitude de sons brefs et aigus. " Le four chante " dit-on…


     

    Gustave Violet

    Bonjour à vous, amis de ce département des Pyrénées-Orientales qui a vu naître et mourir un bon nombre de personnages célèbres. Des peintres, des sculpteurs, des hommes politiques… Parmi eux, Gustave Violet. Pour certains d’entre vous, ce nom n’évoque sans doute rien de plus que les succulents artichauts cultivés en Salanque ou encore la teinte que prennent parfois les fleurs d’Iris… Pour ajouter un sens au mot " Violet ", ouvrez grand vos oreilles.

    Fils de viticulteurs audacieux ayant créé un empire économique, Gustave Violet est né à Thuir en 1873, et il est né riche. Ayant choisi de mener, selon son bon vouloir, une " vie d’artiste ", choix qui l’éloignera de sa famille, il est mort pauvre, à Perpignan, en 1952. Habile dilettante, il pratique la poésie et la littérature. On lui doit, entre autres, une traduction en catalan de l’Arlésienne d’Alphonse Daudet. Il est tour à tour architecte - on lui doit la maison dite Ecoiffier, sur la place Arago de Perpignan - céramiste, sculpteur.

    ’est d’ailleurs dans cette dernière discipline que son talent va réellement exploser. Les sculptures de Violet ont une véritable dimension architecturale. Il a su, tout comme Maillol d’ailleurs, renouveler l’art complexe du monument aux morts. Ceux que Gustave Violet a édifiés dans les Pyrénées-Orientales allient sculpture, architecture, fer forgé, bas relief de bronze et mosaïque… Ce sont de véritables mausolées à la douleur pudique. C’est la souffrance des mères et des épouses que Violet évoque. Point de " poilu " conquérant, mais des femmes, des enfants et des hommes statufiés par une tristesse qui ne veut aucun témoin. On ne trouve pas de paysages chez Violet, mais des références constantes à son pays à travers des symboles comme la plaine, la mer et la montagne. Son art est grave, pudique, dépouillé et en cela, il atteint à l’universel.

    Le plus beau des monuments aux morts de Gustave Violet se trouve devant le Palais des Congrès de Perpignan. Allez-y de ce pas, vous le regretterez pas, foi de moi-même !


     

    Randonnée sur le sentier des écureuils

    Bonjour, je suis tout simplement ravie de vous retrouver pour vous emmener à deux pas de la petite ville de Font-Romeu où il existe un sentier particulièrement ombragé qui soulage les épaules, grillées par le soleil des hauteurs.

    Pour vous rendre sur le sentier des écureuils, partez du centre de Font-Romeu et dirigez-vous vers le camping Le Menhir situé sur la route de Mont-Louis. Une centaine de mètres après celui-ci, vous tournez sur votre droite et descendez la route sur environ 100 mètres jusqu’à trouver, sur votre gauche, un panneau portant l’indication Allée Gilbert-Prouteau.

    C’est là que vous abandonnez votre voiture après avoir fait sortir petits et grands pour partir à la rencontre de charmants mammifères roux grimpant aux arbres plus lestement que des chats. La ballade dure environ 1H15 et elle est accessible à tous les âges. Les enfants, ou plutôt les adolescents, sont rarement ravis de ces randonnées en famille… Alors, pour les surprendre, ne les prévenez surtout pas de ce qu’ils vont voir.

    Pour profiter pleinement du spectacle, je vous recommande vivement de faire cette promenade avant onze heures du matin. Avec un peu d’attention et beaucoup de silence, vos enfants pourront admirer la course presque aérienne de dizaines d’écureuils, à peine effarouchés, nichant dans l’intensité d’un sous-bois d’où s’échappent au plus fort de l’été toutes les senteurs de la montagne. Toute la famille, enchantée, se concentrera au maximum afin de distinguer, peut-être, ce qui constitue le repas des écureuils : insectes, graines de conifères, fruits des arbres, baies, écorces, œufs… l’écureuil n’hiberne pas et il doit prendre des forces pour se protéger en permanence de son pire ennemi, la martre. Quant à moi, je vous souhaite une agréable randonnée et de jolis moments de nature en compagnie de nos amis légers comme l’air.


     

    Collioure et son patrimoine

    Bonjour, j’espère que tout le monde va bien aujourd’hui et que vous êtes prêts et prêtes à écouter mon histoire… Le patrimoine est toujours le résultat d’un passé, c’est indéniable. Au fil du temps, celui de Collioure a été transformé, malmené, voire détruit, mais aussi reconstruit. Si vous avez envie d’offrir à vos sens une nourriture apaisante, vous devez absolument vous rendre dans l’un des cinq grands monuments de Collioure.

    Le Cloître du couvent des Dominicains datant du 14ème siècle ; l’Eglise Notre Dame des Anges du 17ème siècle et le Fort St Elme du 16ème siècle.

    Un, deux, trois… Zut, j’en oublie deux… Voyons voir… Ah oui, bien sûr, quelle bécasse ! La Madeloc… Comment ai-je pu faire l’impasse sur la Madeloc ??

    Elle a été construite au 13ème siècle et elle culmine à 652 mètres d’altitude. Autant vous dire qu’il vous faudra mettre vos meilleurs baskets pour y accéder ! Elle bénéficie d’un panorama exceptionnel dominant la plaine et la côte du Roussillon. Ancienne tour à signaux, elle servait autrefois à surveiller la mer et l’Espagne afin de parer aux moindres attaques. Elle sert aujourd’hui de relais de télévision, ce qui est, je vous le concède, moins guerrier… Quoi que ?

    Et puis, bien sur, l’incontournable Château Royal de Collioure. Tout le monde connaît ce somptueux édifice, mais je ne suis pas certaine que vous ayez toutes et tous pris le temps d’aller le visiter. C’est le moment d’y remédier !

    Pièce maîtresse du dispositif défensif, il fut édifié sur un site de construction romaine. Essentiellement aménagé par les comtes du Roussillon et les Rois d’Aragon entre 1276 et 1344, il accueillit la cour des Rois de Majorque. Les espagnols occuperont la forteresse jusqu’en 1642. Vauban fera alors élever l’enceinte extérieure et raser la ville haute pour aménager le glacis. En 1922, le Château, classé monument historique, est entièrement rénové et l’armée française l’occupe jusqu’en 1945. Il est, depuis le tout début des années cinquante, propriété du Département des Pyrénées-Orientales.

    En savoir plus....


     

    Saint-Michel-de Cuxa et Saint Martin du Canigou

    Bonjour… Si vous voulez avoir le privilège de visiter le vaste monastère de Saint-Michel-de-Cuxa, il vous faudra emprunter la départementale 27 au Sud de Prades.

    Chassés par une inondation de leur établissement d’Eixalada, dans le Conflent, des moines s’installèrent dans une vallée fertile, Cuxa, en 878. Cinq ans plus tard, ils y fondèrent la toute première abbaye. Leur réseau de relations avec les Comtes de Cerdagne et le Clergé leur permet d’étendre considérablement leurs terres… Ce qui explique la surprenante richesse du monastère et son intense rayonnement culturel. L’ensemble du monastère a été réalisé en deux périodes distinctes…

    L’une, préromane, au 10ème siècle, menée par l’abbé cistercien Garin ; l’autre du plus pur roman au 11ème siècle.

    Tombé ensuite dans l’oubli, le monastère fut presque démantelé après la Révolution… Il abrite aujourd’hui une communauté Bénédictine.

    Je vous propose maintenant une autre balade à partir de la départementale 116. À la sortie de Vernet-les-Bains, vous prendrez la direction du col de Jou et Mariailles pour aller admirer l’abbaye de Saint-Martin-du-Canigou. Autant vous prévenir tout de suite : pour atteindre ce trésor perdu en pleine montagne, il vous faudra marcher 30 à 40 minutes… Pour vous motiver, dites-vous que le site et le monument sont réellement uniques. Vous pourrez imaginer sans peine la vie feutrée et mystique des moines, rythmée par le son des cloches. Plantée dans le roc au bord d’un précipice, cette émouvante abbaye fut construite au début du 11ème siècle grâce aux dons du Comte Guifred de Cerdagne. Une petite communauté Bénédictine venue de Saint-Michel-de-Cuxa s’y établit alors. L’édifice fut abandonné au 16ème siècle et il ne fut restauré qu’au tout début du 20ème siècle.

    Allez, je vous donne un tuyau de dernière minute : si vous voulez bénéficier d’une vue d’ensemble du site, prenez, en arrivant à l’abbaye, l’escalier à gauche et montez dans le sous-bois jusqu’à un rocher en surplomb.

    Et voilà, c’est aussi ça le Pays Catalan !


     

    Le prieuré de Serrabone

    Oyé, oyé, musclez vos mollets pour venir avec moi aujourd’hui car Serrabone se gagne… Au cœur des Aspres et à 600 mètres d’altitude, le monastère de l’Apocalypse règne sur un monde de crêtes forestières.

    Joyau de l’art roman des Pyrénées, il date du 12ème siècle, le prieuré de Serrabone se dresse sur un site sauvage. Les abords sont aménagés en jardin d’Écologie Méditerranéen. Des conservatoires forestiers, viticole et arboricole s’intègrent à la végétation du pays du chêne vert.

    On pénètre dans le Prieuré par la galerie sud, où les moines se promenaient autrefois. Cet endroit, suspendu au-dessus du ravin, réserve la première surprise… 6 arcades aux gracieuses colonnettes et aux chapiteaux sculptés où un œil averti reconnaîtra des monstres et des motifs floraux inspirés de St Michel de Cuxa… La porte d’entrée quant à elle possède des ferronneries superbes. Mais c’est de ce que vous découvrirez à l’intérieur que viendra votre grand étonnement. En effet, le contraste y est total avec la rugosité extérieure. La nef est lumineuse et la tribune est l’un des plus bouleversants chefs d’œuvre de la sculpture romane avec son marbre rose affirmant encore une fois la différence avec la maçonnerie de schiste. Le décor est composé d’un bestiaire fantastique, de visages d’un étonnant réalisme, de délicats entrelacs floraux qui témoignent d’une rare maîtrise artistique. Lorsque cette nef fut exécutée, au 12ème siècle, elle servait de chœur aux moines.

    Pour vous rendre au Prieuré de Serrabone - il mérite une infidélité aux plages de la côte - prenez la Nationale 116 jusqu’à Ille-sur-Têt puis au rond-point indiquant Bouleternère, prenez la direction " Prieuré de Serrabone ". À la question " peut-on aller jusqu’en haut en voiture ? ", je répondrai qu’on ne profite jamais autant d’un endroit pour lequel on a un peu transpiré… À bon entendeur…

    En savoir plus....




    Chapelles et Ermitages de la Côte Vermeille

    Bonjour à vous qui savez comme moi qu’il y a des endroits où se ressent plus intensément qu’ailleurs l’âme des catalans et en particulier celle des habitants de la Côte Vermeille. Quand on s’approche de ces lieux, l’air s’intensifie et se charge d’un je ne sais quoi d’insondable qui impose le respect. Les branches craquent sous les pieds, les oiseaux poussent leurs cris. Ces chapelles et ces ermitages, dispersés entre mer et montagne, témoignent de légendes où se mêlent étroitement ardeur populaire et amour du pays.

    Si vous êtes du côté de Banyuls-sur-mer, vous pourrez vous irez tout d’abord à St Jean de la Rectorie, une église romane datant au moins du 12ème siècle qui est l’ancienne église paroissiale du village. Elle doit son nom à l’un de ses curés, Jean Banyoles, qui fut élevé au 16ème siècle à la dignité de Recteur.

    Puis, vous ne manquerez pas Notre-Dame des Abeilles, elle aussi ancienne église paroissiale d’un hameau médiéval qui se trouvait autrefois sur l’emplacement du Domaine des Abeilles. Elle fut ensuite transformée en ermitage puis reconstruite à la fin du 17ème siècle.

    Et enfin, Notre-Dame de la Salette, nichée entre les chênes-lièges, dominant la vallée de la Baillaury et faisant face à la mer… Cette chapelle est dans sa blancheur immaculée, l’esprit même de la Méditerranée.

    Il se peut également que vos pas (ou votre voiture) vous portent vers Port-Vendres… Si c’est le cas, cherchez sans tarder l’église du Christ-Roi de Cosprons qui fut fondée au 12ème siècle et qui renferme en son sein un remarquable Christ du 17ème dont l’arrivée à Port-Vendres est la source des plus incroyables légendes…

    Et voilà, c’est aussi ça le Pays Catalan !!!


     

    Les gorges du Sègre

    Bonjour, vous avez envie de fraîcheur, pas de problème, suivez-moi !
    Le Sègre qui descend à grand bruit depuis les quelque 2.400 mètres de sa source s’est taillé jusqu’à Llo une voie lumineuse et aérée, irrésistible appel à une douce et fraîche promenade qui, entre prairies et forêts, sera le prétexte à mille anecdotes…

    La longue route remontant le cours du Sègre passe à proximité de l’une des sources d’eau sulfureuse de Llo et l’on dit même que jadis la population prenait des bains dans le vaste bassin encore visible.

    À mi-chemin de votre périple, vous ferez une halte auprès de la fontaine de Cayelle dont les jaillissements intermittents et sourds évoquent le flux et le reflux de la mer.

    Vous parviendrez sans peine au plus profond d’un paysage grandiose où entassements schisteux et forêts semblent devoir s’affronter pour toujours. Mettez tout vos sens en éveil et profitez de ce que la nature vous donne à vivre…

    Avant d’entamer la descente sur Llo, faites un petit détour jusqu’aux ruines de l’église de St Félix, ancien ermitage du 11ème siècle et important site archéologique consacré à l’Âge du bronze. Le panorama y est absolument étourdissant. Landes et pins Sylvestres reconduiront vos pas jusqu’à Llo, petit village adorable dont on dit qu’il était devenu, aux temps des sabbats, le rendez-vous favori des sorcières de ce pays…

    Pour cette randonnée aux senteurs de mystère, rendez-vous à Mont-Louis par la Nationale 116 puis continuez jusqu’à Saillagouse. Un peu avant la sortie du village, prenez sur la gauche la Départementale 33 qui vous mènera jusqu’à Llo, deux kilomètres plus loin. Garez-vous devant l’église et hop, en avant pour une balade d’une heure et 50 minutes environ. Et voilà, c’est ça aussi le Pays Catalan !!!




     

    La forteresse de Salses

    Bonjour, bonjour… Situé aux pieds des Corbières, le village de Salses est le premier village catalan du département des Pyrénées-Orientales lorsque l’on vient de Narbonne. La forteresse de Salses jouit d’une renommée internationale et pourtant beaucoup d’entre nous ne s’y sont encore jamais rendus.

    Construite entre 1497 et 1503 par l’Espagne pour barrer à la France l’accès du Roussillon, elle fût assiégée, prise et reprise en 1503, 1639 et 1640. Elle fût définitivement conquise par les français en 1642 après ce quatrième siège. Désormais loin de la frontière, elle perd alors de son importance stratégique et faillit deux fois être rasée puisque jugée inutile.

    Utilisée un temps comme prison, puis comme poudrière jusqu’à la fin du 19ème siècle, c’est en 1930 qu’elle est cédée à l’Administration des Beaux-Arts, équivalent du Ministère de la Culture actuel qui en poursuit aujourd’hui la remise en valeur.

    Sous l’apparent monolithisme aveugle des murailles, se cache la structure rigoureusement géométrique des locaux répartis sur 3 à 6 niveaux, desservis par un labyrinthe de communications coupées d’une multitude de chicanes de défense intérieure.

    Basé sur l’hypothèse d’une attaque venant de l’Est, le plan de défense a conduit à fractionner l’ouvrage en trois parties autonome d’Est en Ouest.

    La Partie Commune supposée tomber la première, le Réduit dont l’enceinte extérieur est composée de deux lignes de défense successives et enfin le Donjon, dernier carré de la défense, au milieu du front Ouest du Réduit.

    Cette décision se retrouve au niveau des terrasses puisque le Donjon domine la plate-forme du Réduit, qui commande celle de la Partie Commune…

    En outre, conçues pour l’emploi de l’artillerie, les chambres de tir sont dotées de gaines de ventilation contre les gaz de la poudre et, souvent même de commodités évitant aux personnes présentes d’avoir à s’éloigner de leurs postes. Ils pensaient à tout ces gars-là !!!

    Voilà, c’est aussi ça le Pays Catalan !




    Le croquant aux amandes

    Pour se fabriquer des souvenirs, il n’y a pas que les yeux ou le nez… il y a aussi la bouche… Eh oui, les plaisirs ressentis lorsque l’on goûte un produit pour la première fois sont souvent inoubliables, même si on ne l’aime pas !

    L’origine du croquant de St Paul de Fenouillet semble très lointaine. Beaucoup vous diront qu’il est issu d’une recette ancestrale, mais ce qui est sûr c’est que son histoire est intimement liée à celle de l’amande et à la présence de l’amandier dans ce coin de notre département. L’amande est cueillie en automne, entreposée en hiver dans des " banastes ", sorte de corbeilles, où elle développe sa saveur de fruit sec si reconnaissable. Mais alors quand peut-on la sentir craquer contre les dents ? Eh bien avec le retour des beaux jours, au printemps !

    Autrefois, à St Paul de Fenouillet, les Fêtes de Pentecôte duraient 4 jours et c’est précisément à cette période que tout a commencé… Le croquant aux amandes est devenu le dessert de prédilection pour faire plaisir aux amis et aux invités. À cette occasion, le four communal était allumé trois jours avant la fête et pendant deux jours, il ne désemplissait pas de ces biscuits à l’amande. Chacun autour du four comparait ses résultats avec ceux du voisin ou de la voisine, on se donnait sa recette, on s’échangeait ses petits trucs.

    Deux familles décident alors de fabriquer le biscuit et de lancer sa commercialisation de façon artisanale. Le nom de " croquant " est définitivement adopté, au détriment de celui de " biscottin ".

    Quatre générations se sont succédées à l’élaboration de ce délicieux croquant qui fait encore aujourd’hui la réputation de St Paul de Fenouillet.

    En espérant avoir mis vos papilles en éveil, je vous dis à plus tard pour de nouvelles aventures !

    En savoir plus....




    Fouet et micocoulier

    Chers amis bonjour… Depuis le 13ème siècle, et jusqu’aux années 1930, Sorède était la capitale du fouet français. Fabriqué au départ avec un faisceau de branches de hêtre, le fouet de qualité devait bientôt n’être fabriqué qu’en bois de micocoulier. C’est avec cet arbre que la renommée des fouets et les cravaches de Sorède atteignit le monde entier. Certains fouets étaient même appelés " Fouet Perpignan " dans toute l’Europe.

    C’est en 1981 que le Centre d’Aide au Travail de Sorède décide de faire revivre l’artisanat du fouet, partie intégrante du patrimoine catalan. Il est donc à l’origine de la relance de la micocouleraie qui représente environ 150 hectares en Pays Catalan. Les handicapés de ce centre fabriquent fouets et cravaches dont, entre autres, les célèbres cravaches " Hermès ". Je vous conseille vivement d’aller visiter la fabrique de Sorède puisque c’est la seule au monde.

    Le micocoulier est un arbre de la famille de l’orme, du groupe des ulmacées. C’est un arbre robuste, vivace qui aime la lumière et la chaleur. Il apprécie les sols profonds et meubles. On le considère comme un arbre de taille moyenne, pouvant atteindre les 20 ou 25 mètres, ce qui est déjà pas si mal. Le diamètre de son fût bien droit peut atteindre le mètre. Son écorce est verte, lisse et très fine, ce qui fait de lui un arbre sensible au feu. On le trouve en Finlande, jusqu’au Tibet même, mais c’est ici, en Pays Catalan qu’il pousse le plus, dans la haute vallée du Tech. Il existerait sur notre territoire des souches vieilles de plus de trois siècles… Selon les écrits anciens, on cultivait petits pois, pommes de terre et fèves au pied des micocouliers.

    Et voilà, c’est aussi ça le Pays Catalan !!!




    Ille sur Têt

    Bonjour… La ville d’Ille-sur-Têt est situé au cœur même du département, dans le Riberal. C’est une des rares cités à avoir conservé des traces de son enceinte en galets de rivière du 14ème siècle. Quelques vestiges de l’époque médiévale sont visibles aujourd’hui encore dans le dédale des ruelles étroites et tortueuses de la ville… Il y a la Tour de l’Alexis datant du 11ème siècle et les sculptures en marbre, aussi belles qu’insolites, des Ennamourats et du Cagaïre.

    À côté de l’église romane fortifiée de la Rodona, l’hospice St Jacques qui fût reconstruit aux 17ème et 18ème siècles. C’est d’ailleurs à cette époque qu’Ille devient l’une des villes les plus importantes et les plus riches du Pays Catalan. C’est pourquoi la population se dote d’une église aux dimensions de cathédrale, l’église St Etienne, dont la façade est l’une des plus remarquables du département.

    L’église baroque du Tiers Ordre des Carmes, lumineuse et raffinée, renferme une collection de tableaux de la fin du 17ème siècle peint par l’atelier Guerra… Les connaisseurs prendront toute la mesure de ce que cela signifie. Et puis, il y a aussi le vieux moulin et la maison du comte, hôtel particulier qui a servi de cadre à l’action de La Vénus d’Ille de Prosper Mérimée.

    Et puis, et puis, évidemment, vous ne pouvez pas passer à Ille-sur-Têt sans vous arrêter sur le site des Orgues… les émotions qui vous traverseront alors resteront graver dans votre chair. C’est un paysage unique sculpté par l’eau dans des argiles et des sables arrachés aux massifs pyrénéens et déposés dans la vallée depuis 5 millions d’années. Le site des Orgues d’Ille est un chef-d'œuvre minéral enchâssé de verdure, un amphithéâtre oublié que la nature a façonné pour rendre un hommage vibrant à la vie. Pour celles et ceux qui ont parfois le sentiment fugace qu’ils sont indestructibles, les Orgues d’Ille-sur-Têt permettent de prendre conscience de leur vulnérabilité…

    Et voilà, c’est ça aussi le Pays Catalan !




    Le grenat de Perpignan

    Bonjour… C’est de rouge passion que je vais vous parler aujourd’hui… Écoutez bien… Parmi les pierres fabriquées par la nature, celles que l’on appelle " précieuses " ne sont que quatre : le diamant, le rubis, le saphir et l’émeraude. Le grenat ne fait pas partie de cette courte liste, mais il appartient à la catégorie des pierres dites " fines ".

    Le grenat a été porté un peu partout dans le monde et depuis fort longtemps. Au 19ème siècle, en Pays Catalan, beaucoup de femmes portaient des grenats, qu’elles soient épouses de notables, couturières, artisanes ou servantes. Elles ne portaient évidemment pas les mêmes puisque avec le bijou, comme avec le costume, elles affichaient leur statut d’épouse ou de célibataire, leur position sociale ou la prospérité de leur mari...

    La bijouterie du grenat ne se résume pas aux croix badines, il y a aussi des boucles d’oreilles, des bagues, des broches, des pendentifs ou parures " tour du cou ", des épingles à chapeau ou à cravates et enfin des boutons de manchettes.

    Le grenat, traditionnellement des almandins venant d’Inde, du Sri Lanka ou du Brésil sont taillées pour la plupart dans des ateliers allemands selon une taille spécifique dite " la taille à facettes ". Quelle que soient les différentes façons de le tailler, le grenat a toujours 12 facettes, c’est immuable puisque c’est sous cette forme qu’on le trouve à l’été brut.

    Les formes de tailles sont nombreuses, toutefois, c’est la taille " rose " qui a été adoptée par les joailliers de Perpignan vers le milieu du 18ème siècle et qui, depuis, s’appelle " la taille Perpignan ".

    Le grenat est toujours monté sur de l’or jaune 18 carats puisque c’est sans conteste qu’il est ainsi le mieux mis en valeur. Vous le savez peut-être, mais les pierres, comme les fleurs ont leur langage… Le grenat signifie " Loyauté et Franchise ", peut-être est-ce pour cela qu’il a été adopté par les Catalans depuis de nombreuses générations ?




    La fête de a Rodella

    Bonjour, je ne sais pas vous, mais moi j'aime les légendes… Elles donnent aux lieux que l'on visite un petit air de mystère qui rappelle les monstres cachés sous le lit de l'enfance…
    On raconte qu'en 1465, un berger de Montbolo, Noguer de Gasnach, eût une vision au col de la Porta. Deux sorcières avaient décidé d'emmener le mauvais temps sur la commune de Montbolo. Arrivées devant le col de la Porta, elles s'immobilisent net. La seconde se retourne vers la première et lui lance : " Passe d'abord ! ". " Je ne peux pas ", répondit l'autre. " Mais passe donc ! Qu'est-ce qui te retient ? " reprit la première. Et la seconde de lui rétorquer " Ce sont les deux Saints, Abdon et Sennen, les protecteurs d'Arles sur Tech, qui sont là, devant moi ! ". Et les deux sorcières rebroussèrent chemin pour amener le mauvais temps détruire les récoltes en d'autres lieux.

    Ce récit fit naître un sentiment de reconnaissance chez les habitants de Montbolo. Dès lors, ils décidèrent de remercier chaque année Saint Abdon et Saint Sennen de les avoir protégés du mauvais temps. C'est tous les 30 juillet que les habitants portent en chœur un enroulement de cire d'abeille fixé sur une croix chrétienne en offrande aux Saints protecteurs d'Arles sur Tech. La procession part, à pied, de l'église St André de Montbolo à 7 heures du matin précises et se rend à l'église Ste Marie d'Arles sur Tech.
    Dans ce village se trouve un sarcophage appelé " Sainte-Tombe "… Il sécrète de façon inexplicable de l'eau claire depuis qu'il abrita les reliques des fameux Saints Abdon et Sennen. Des scientifiques se sont penchés sur la question, mais pour le moment, l'énigme n'a pas été élucidée. À la fin de la messe du 30 juillet, à 11 heures, le prêtre tire de l'eau du sarcophage et la distribue aux fidèles.
    Et voilà, c'est aussi ça le Pays Catalan !




    La cuisine catalane

    Bonjour, je suis d’humeur gourmande aujourd’hui, c’est pour cela que je vais vous raconter la cuisine du Pays Catalan… Toujours fondée sur le respect des traditions, elle a de tout temps été raffinée, même dans ses plats les plus simples…

    C’est certainement la plus originale des cuisines méditerranéennes, foi d’une non catalane ! Elle ne cesse de s’améliorer, aidée par les étonnantes ressources du terroir.

    " Boles de Picoulat " est un nom qui fait saliver rien que de le prononcer… " Boles de picoulat ! "… Ce sont des boulettes de viande servies avec une sauce aux olives relevée, une pure merveille... Et puis la reine des soupes roussillonnaises " l’ollada ", très réconfortante en hiver, mais à tomber par terre à n’importe quel mois de l’année... Un des plus grands souvenirs gustatifs de mon palais qui m’en réclame régulièrement depuis qu’il y a goûté !

    Depuis le 13ème siècle, en Pays Catalan, chaque fête religieuse a ses coques… À Pâques, ces préparations salées ou sucrées faites à base de pâte de pain garnie de légumes ou de fruits de saisons…

    Et dans un autre genre, jetez-vous dès que possible sur " la cargolade ", le pique-nique catalan le plus convivial du monde… Oui, n’ayons pas peur des mots ! Escargots grillés sur une braise de sarments côtoyant saucisses catalanes, boudins noirs et côtelettes d’agneau élevés… de quoi faire une magistrale sieste après le repas !

    Mais la cuisine catalane c’est aussi des préparations de grande classe comme le civet de langouste au Banyuls, le civet de homard au vieux Rancio, les perdreaux catalans aussi inoubliables qu’un poulet au Rivesaltes ou une zarzuela…

    J’espère que vous ne passerez pas à côté de ces saveurs que vous ne trouverez nulle part ailleurs !

    En savoir plus....



     

    Le Musée Maillol

    En 1861, à Banyuls-sur-mer naissait Aristide Bonaventure Jean Maillol. Très vite, le jeune homme se révèle être un très bon dessinateur et aimer la peinture. À vingt-six ans, il part pour Paris afin de suivre les cours des Beaux-Arts. Il se lie d’amitié avec Gauguin qui l’encourage. La plupart du temps, il passe l’hiver à Paris, mais dès que la chaleur reprend ses droits, il revient à Banyuls. Maillol est profondément attaché au Pays Catalan… il va puiser son eau à la rivière et il vit comme les paysans, se nourrissant frugalement. Il connaît d’ailleurs une grande traversée du désert, ce qui ne l’empêche pas de créer.

    C’est seulement à trente-six ans qu’il se tourne vers la sculpture. Il rompt alors avec les académismes de l’époque, entre autres celui de Rodin. Maillol est un artiste de génie, un amoureux absolu du corps féminin qui conquiert la liberté de tout oser pour aboutir à une œuvre toute en silence et en pudeur, une œuvre moderne dont les formes robustes allient la pureté à l’équilibre. On découvre ainsi sur les allées Maillol, " la jeune fille allongée ", sur son tombeau au mas Maillol, " la pensée " ou " Méditerranée ". C’est dans le décor rustique de la métairie du mas que Maillol venait peindre et dessiner. Il disait de la peinture qu’elle le délassait de la sculpture et on peut voir bon nombre de ses œuvres majeures au musée Hyacinthe Rigaud à Perpignan ou encore au musée d’Art moderne de Céret.

    Après la première guerre mondiale, les édiles locaux lui passent commande de monuments aux morts que l’on peut encore voir aujourd’hui à Céret, Elne, Port-Vendres et Banyuls. Aristide Maillol est mort en 1944.

    Cinquante ans plus tard, le 4 novembre 1994, " le musée du souvenir " fut inauguré par Dina Vierny, son modèle, mais aussi sa muse et son idéal artistique. Dans tous les musées du monde, il y a une grâce, une ambiance particulière, un parfum d’éternité qui nous plongent à chaque fois dans les méandres de l’histoire des Hommes.

    En savoir plus....




    Les bébètes de Cerdagne

    Bonjour à tous et à toutes… Que les Cerdans me pardonnent, mais la Cerdagne n’est pas l’endroit le plus peuplé du département des Pyrénées-Orientales… Quoi que ça dépend de qui on parle… Certes les humains n’y sont pas nombreux, en revanche bien d’autres habitants passionnants se rendent visibles quand on sait respecter leur milieu naturel…

    L’isard est particulièrement bien représenté dans les massifs entourant la Cerdagne, et de nombreuses hardes peuvent être surprises lors de balade dans la vallée d’Eyne, le massif du Puigmal, la vallée du Sègre ou le massif du Carlit. Cet animal dispose d’un terrain propice à son développement… En effet, il lui est facile de passer rapidement d’une vallée à l’autre et il profite allègrement des importants pâturages en été comme en automne. À la froide saison, il va se réfugier dans les forêts de pins à crochets. Magnifique animal à poil ras et roux l’été, son cou est souligné par une " écharpe noire " et il porte de fines cornes, noires également. Les Pyrénées abritent d’autres cervidés comme le mouflon corse introduit en 1957 et le chevreuil. La marmotte quant à elle, a été réintroduite voilà trente-deux ans dans le massif des Madres, à partir d’animaux provenant des Alpes. Ce gros rongeur, plébiscité par les enfants, affectionne les pentes herbeuses et ensoleillées telles qu’on peut les trouver sur les plateaux cerdans… Les marmottes construisent ses terriers d’estive et d’hibernation à la base d’éboulis, au milieu des gros blocs de pierre… cela lui assure en effet un bon maintien de leurs galeries. Attention, si vous voulez les apercevoir à défaut de les approcher, soyez discrets… il suffit qu’une silhouette surgisse en ligne de crête pour que le veilleur de la colonie indique d’un coup de sifflet strident à ses congénères qu’ils ont intérêt à se replier d’urgence. Mais ne vous en faîtes pas, même si vous loupez les marmottes, vous croiserez bien un renard, une martre, une fouine, une belette, un lapin, un lièvre, un sanglier ou un ours… Heu quoi que pour les deux derniers, vaut p’t’être mieux les voir passer de loin…




    Le petit train jaune

    Bonjour… On peut attendre de l’Homme le pire comme le meilleur… Parfois, il laisse derrière lui une œuvre géniale, véritable trait d’union entre les siècles…

    Nous sommes en 1881… Afin de rendre la Cerdagne accessible depuis le littoral et le Haut-Conflent, deux hommes, Emmanuel Brousse et Jules Lax lancent des études pour la construction d’une ligne de chemin de fer. Concrètement, les travaux ne débutent qu’au siècle suivant, en 1903 pour s’achever 7 ans plus tard, le 18 juillet 1910 pour le premier tronçon : Villefranche/Mont-Louis.

    L’alimentation électrique est assurée par un troisième rail et l’électricité provient du complexe hydroélectrique de la vallée de la Têt alimenté par le barrage des Bouillouses. C’est en 1927 que la ligne est prolongée jusqu’à Enveitg. Construit au départ pour l’exploitation des mines, le petit train jaune a aussi transporté des marchandises et depuis quelques années, il permet à des gens comme vous et moi, d’ici ou d’ailleurs, de contempler des paysages surprenants. Pour que ce joyau sang et or puisse voir le jour, il n’a pas fallu moins de 650 ouvrages d’art dont 19 tunnels pour braver les difficultés d’un trajet pour le moins accidenté. Le départ se fait à seulement 415 mètres d’altitude, mais au fil de son périple, le petit train jaune flirte avec les 1.600 mètres en arrivant à la gare de Bolquère. Il redescend ensuite à 1.230 mètres en arrivant à Latour de Carol. Sur les 63 km de la ligne, les deux ouvrages les plus impressionnants sont sans conteste le pont-viaduc Séjourné, construit à 65 m de hauteur et entièrement en granit du Pays et le pont suspendu Gisclard à 80 m au-dessus du vide… S’il lui arrive parfois d’atteindre la folle allure de 55km/h, le petit train jaune ne dépasse que rarement les 30km/h. La plupart des compartiments sont fermés, mais lorsque le climat le permet, il est possible, et même recommandé, de s’asseoir dans les compartiments à l’air libre. On revient alors sur la terre ferme les joues rosies par le plaisir et l’air pur… Et voilà, c’est aussi ça, le Pays Catalan !


     

    Mosset, village classé

    Si vous partez en direction du col de Jau, à quelques encablures de la station thermale de Molitg-les- Bains, la vallée de la Castellane s’élargit soudain pour faire place à Mosset la médiévale, accrochée à son éperon rocheux et dominant fièrement la vallée.

    Autrefois, cette ville était située en aval du village actuel. Plus tard, la population s’est regroupée au sommet d’un piton rocheux à 710 mètres d’altitude, autour du château du 12ème siècle, constituant ainsi le village que l’on connaît aujourd’hui. Mosset devient alors une place forte frontalière et s’entoure d’une muraille... Les tours, les courtines et les portes subsistent encore…

    Avec l’installation de la population autour du château, une nouvelle église de Saint Julien fût bâtie près des remparts extérieurs. Modifiée aux 17ème et aux 18ème siècles, ses riches retables baroques rappellent l’essor économique de la ville de Mosset… En effet, celle-ci sût profiter de sa position stratégique sur la frontière ainsi que de ses ressources agricoles et industrielles comme les forges catalanes et les moulins. Beaucoup de maisons du village présentent sur leurs façades des pièces en marbre gris, d’extraction locale, provenant du pillage du château lors de la Révolution.

    Les alentours de Mosset sont naturels et sauvages et ils sont parcourus par d’innombrables chemins de randonnée pendant lesquelles votre odorat sera chatouillé et ému par les parfums des sous-bois ou bien encore par les odeurs de garrigue, de forêt de hêtres et de sapins … D’ailleurs, en parlant de senteurs et d’appendice permettant de les distinguer, vous ne pouvez pas manquer la Tour des Parfums qui est LE musée du coin, ludique et interactif, où votre nez sera ravi d’être au centre de toutes les attentions…

    Et voilà, c’est aussi ça le Pays Catalan !




    Port Barcarès

    Bonjour… C’est au bord de notre belle et bleue Méditerranée que Port-Barcarès étire ses maisons… On raconte qu’il y a très longtemps, les éléphants d’Annibal qui se dirigeaient alors vers les Alpes, foulèrent le sable de " El Barcarès ", mot catalan qui se traduit littéralement par " le refuge des barques "… Pendant les tempêtes, quelques pêcheurs réfugiaient là, au bord de la plage, dans des baraques en roseaux appelées des " casotes ". Cet endroit n’était en rien un village et pendant la mauvaise saison, ces mêmes pêcheurs se repliaient vers Saint Laurent de la Salanque, le village le plus proche.

    Le village à proprement parlé de Port-Barcarès existe seulement depuis la fin du 18ème siècle, avec l’apparition des " maisons en dur " qui marquent le développement de l’activité maritime du Barcarès.

    Les ruelles d’aujourd’hui ont gardé tout le charme et l’authenticité du village de pêcheurs d’autrefois. Le port, de plaisance ET maritime, a été créé au " Grau St Ange ". On peut encore y voir les chalutiers chargés de poissons qui sont ensuite vendus la criée… On peut aussi longer les canaux d’accostage pour contempler les voiliers qui fascinent toujours par leur gracile élégance.

    Chaque année, le 15 août, a lieu la fête des pêcheurs, pendant laquelle se déroulent des joutes sétoises où s’affrontent les plus courageux, mais également les courses de " llaguts de rem " dans le bassin de la Tourette… Une occasion unique de se régaler les yeux de nos chatoyantes barques catalanes restaurées…

    Et puis, il faut savoir aussi qu’un village traditionnel de pêcheurs a été reconstitué avec des " casotes ", vous savez ces baraques en roseaux dont je vous parlais tout à l’heure, et puis aussi des barques à voile latine, bref, la pêche telle qu’on la pratiquait au 17ème siècle, un voyage dans l’autrefois…

    Et voilà, c’est aussi ça le Pays Catalan !


     

    Pêcher au paradis

    En Pays Catalan, la mer, le soleil et la montagne cohabitent en toute harmonie depuis des lustres. Histoire de ne rien gâcher, notre département est aussi un paradis de la pêche grâce à une exceptionnelle diversité de milieux aquatiques.

    Ainsi, il est possible de passer, en moins d’une heure, des torrents de haute montagne aux rivières et plans d’eau de plaine, ce qui permet aux résidents comme aux touristes de capturer salmonidés en montagne, brochets ou carpes en plaine.

    Pour nos amis carpistes, direction le plan d’eau de Villeneuve de la Raho, situé en plaine, puisqu’il possède une magnifique population de carpes, commune et miroir, à pêcher de jour comme de nuit.

    En ce qui concerne le plan d’eau du barrage sur l’Agly, je sais de source sûre qu’il est particulièrement riche en brochets, perches, cyprinidés et carpes. Une grande nouveauté cette année : vous avez la possibilité de pêcher en barque, et ce pendant toute l’année… Ah, n’oubliez pas… vous devez venir avec votre propre barque.

    Et puis, il faut absolument que je vous parle du barrage de Vinça et du plan d’eau des Escoumes, dominés par l’éclatant pic du Canigou, la montagne sacrée de tous les Catalans… Ils vous feront découvrir leurs eaux riches en petits carnassiers, gardons et carpes où il n’est pas rare de piquer également de très belles truites et de gros brochets.

    Et puis, et puis, évidemment, les grands espaces des plateaux montagneux de la Cerdagne et du Capçir qui offrent un territoire absolu à la truite… Elle y règne sans partage, avec pour emblème le barrage des Bouillouses et les lacs du Carlit, lovés à plus de 2000m d’altitude dans un site classé.

    Contrairement aux rivières limitant les sorties familiales, les lacs sont un lieu de détente absolument incomparable, pourvu que tout le monde respecte les règles de base de sécurité et de protection de l’environnement. Avant de vous quitter, un petit rappel nécessaire : pour pêcher en toute légalité, il est impératif d’avoir une carte de pêche !

    Et voilà, c’est aussi ça le Pays Catalan !


     

    Les vents du Pays Catalan

    Bonjour… ce n’est un scoop pour personne, le Pays Catalan est l’un des départements les plus ventés de France. Que ce soit à cause du vent d’Est ou de la Tramontane, nous devons, nous autres dames, faire très attention à nos coiffures quasiment tous les jours !

    Je vais donc avoir le plaisir aujourd’hui de vous expliquer en quelques mots le pourquoi du comment, histoire de ne plus se laisser emmêler les cheveux dans l’ignorance !

    Le vent est un déplacement horizontal de l’air qui cherche à compenser des différences de pression. Un vent se définit par sa direction qui indique sa provenance et par sa vitesse qui est mesurée par un anémomètre, en m/s, km/h, en nœuds ou en Beaufort pour les marins. Est-ce que vous me suivez toujours… Bon, tant mieux parce que ce n’est pas fini !

    La Tramontane… Notre légendaire Tramontane est un vent qui souffle sur tout le Languedoc-Roussillon, qui est dominant, froid, sec, violent et de Nord-Ouest. La Tramontane connaît une accélération en passant entre les Pyrénées et le Sud du Massif Central. En plaine, ce vent est généralement synonyme de temps sec et ensoleillé par effet de Fœhn. Mais qu’est-ce qu’est-ce donc que l’effet de Fœhn ? me demanderez-vous… Eh bien voilà… Lorsque, poussé par le vent, de l’air froid et humide s’élève pour franchir une montagne, il se détend et se refroidit. La vapeur d’eau qu’il contient se condense. Il pleut sur le flanc " au vent " de la montagne. Devenu plus sec, il passe le sommet, dévale la pente et se voit alors comprimé. Il s’échauffe. De l’autre côté de la montagne, il fait chaud et beau.

    Mais voilà le triste sire, voilà le vent d’Est… Il est connu dans le midi comme le vent qui annonce la pluie… et parfois même de très fortes pluies ! Il survient quand une dépression importante arrive sur l’Espagne. Si, en plus, un anticyclone existe sur les Balkans ou l’Italie, on a alors de fortes chances d’avoir une tempête d’Est. Ce vent est fréquent en automne et, ô joie, il se fait rare l’été.

    Et voilà, c’est aussi ça le Pays Catalan !


     

    L'histoire d'un département

    C’est au 9ème siècle que Wifred dit le "velu", né dans le village d’Arria - aujourd’hui Ria dans le Conflent près de Prades - comte du Conflent par la volonté du Roi de France Charles le Chauve… C’est au 9ème siècle donc que Wifred récupéra le comté de Barcelone, dont il avait été évincé par Salomon comte du Roussillon, en tuant ce dernier en un combat singulier. Wifred, lui-même blessé, plongea alors ses doigts dans sa propre plaie et traça quatre lignes rouges sur son écu doré. Quatre lignes symbolisant la première lettre de son nom, le "W".

    Le blason catalan, "sang et or", était né et avec lui voyait le jour une civilisation médiévale qui llait donner au monde trois avancées spectaculaires…

    Tout d’abord, la Trêve de Dieu instituée pour la première fois dans la chrétienté en 1027, ensuite l’éclosion de l’art roman et enfin une certaine forme de démocratie.

    Passé au 12ème siècle sous le giron du royaume d’Aragon, le comté de Barcelone, fut un moment divisé en deux avec la création au 13ème siècle de l’éphémère royaume de Majorque qui avait Perpignan pour capitale… Ce même comté de Barcelone devint au 15ème siècle partie intégrante de la couronne d’Espagne, celle des rois Catholiques et ce jusqu’au traité des Pyrénées en 1659… La Catalogne est alors l’objet d’un nouveau partage avec le rattachement à la France du Roussillon et de la Cerdagne, soit les Pyrénées-Orientales que nous connaissons aujourd’hui.


     

    Deux des forteresses de Vauban

    Bonjour… À une cinquantaine de kilomètres de Perpignan, vous aurez le souffle coupé… Villefranche de Conflent se tient là, superbe et fortifiée. Les premiers systèmes défensifs de cette ville furent érigés par les rois d’Espagne... Puis, après l’annexion du Roussillon au 17ème siècle, Vauban fit construire le Fort Libéria au-dessus de la ville, tant pour surveiller sa remuante population que les accès depuis la Cerdagne. Sébastien Le Preste de Vauban, fut mandaté par Louis XIV en tant que commissaire général aux fortifications pour renforcer les défenses du Roussillon devenu frontière sud du Royaume de France.

    Remaniée au 19ème siècle, la forteresse est bâtie sur plusieurs niveaux, malgré la pente. Au confluent des vallées de Prades et de Vernet, le Fort Libéria possède un chemin de ronde, des postes de garde en saillie - appelés des échauguettes - des meurtrières, des salles, des souterrains et des marches par centaines…

    La muraille, édifiée en pierres, en marbre rose et en briques, évitait que les balles ennemies ne ricochent. Après l’apparition des boulets explosifs, on arrête pas le progrès…, des abris en profondeur furent aménagés… Ces " chambres à l’abri de la bombe " étaient composées d’une couche de terre entre deux couches de briques.

    Un cachot, surnommé " la prison des Dames ", abrita entre autres, deux complices des supposées empoisonneuses de la cour de Versailles. Accusées de sorcellerie elles furent ensuite embastillées sur l’ordre de Louis XIV.

    Je vous préviens tout de suite, la visite du Fort Libéria est athlétique, tout comme l’accès au château d’ailleurs… Elle se termine par la descente vers Villefranche de Conflent par le souterrain dit des " 1000 marches " tout en marbre rose et voûte de pierre. Cet impressionnant ouvrage fut réalisé au 19ème siècle sous Napoléon III et ne comporte en réalité que 754 marches… Amusez-vous à les compter pour me dire combien vous en avez trouvé !
    Et voilà, c’est aussi ça le Pays Catalan !


     

    Le Palais des Rois de Majorque

    Le Palais des Rois de Majorque dresse sa silhouette impressionnante sur le " Puig del Rey ", l'une des deux collines au pied desquelles se déployait Perpignan au Moyen-Age.
    En 1276 débute le règne de Jacques II. Il est à la tête du Royaume de Majorque, des Comtés de Roussillon et de Cerdagne et de la seigneurie de Montpellier. Perpignan devient de fait la capitale continentale de ce vaste État. Depuis deux ans déjà, le Palais des rois de Majorque, appelé alors le Château Royal était en cours d'édification pour donner une résidence royale digne de ce nom à la ville.
    Après le règne tumultueux de Jacques II, son fils Sanche lui succède, ramenant paix et sérénité sur le Royaume. Le château royal devient alors le cadre d'une vie de cour où se côtoient seigneurs catalans, aragonais et languedociens.
    Principale résidence continentale des rois de Majorque, le château royal accueille épisodiquement après 1344 le souverain aragonais et sa famille. Pendant cette période, il reçoit également la visite des Corts, les parlements catalans représentatifs de la société de l'époque. Il sert aussi de cadre à un épisode du Grand Schisme. En 1408, le pape Benoît XIII, chassé d'Avignon par les Français, vient tenir concile à Perpignan et il loge au château. De 1462 à 1493, pendant l'occupation du Roussillon par les troupes du Roi de France Louis XI, le château royal est moult fois assiégé.
    Suite à la destruction de l'aile nord et d'une partie attenante de la galerie orientale, les défenses du château royal sont renforcées. Il devient alors une citadelle… Ce n'est qu'après l'annexion du Roussillon à la France, en 1659, que Vauban achèvera les travaux mais, mais, mais… ses aménagements disparaîtront par la suite. L'ancienne demeure royale devient alors une vaste caserne, et ce jusqu'au milieu du 20ème siècle.
    Le Palais des Rois de Majorque appartient aujourd'hui à l'hôtel du Département et chaque année, ce prestigieux monument accueille des expositions ou des manifestations qui font la vie culturelle du Pays Catalan.

    En savoir plus....




    Le Canigou

    Bonjour… Ah, LE Canigou… La montagne sacrée des catalans… Symbole de l’unité catalane de part et d’autre de la frontière espagnole, le Canigou est parfaitement visible à l’Est de la plaine du Roussillon, au Sud du Conflent et au Nord du Vallespir… Culminant à 2.784 mètres d’altitude, il s’adosse à l’Ouest à une chaîne de pics menant à la Cerdagne. Parcouru par une multitude de torrents et de vallées encaissées, il offre une végétation riche et variée, quasi exotique du côté des Aspres, mélange d’oliviers et de chênes-lièges près de Serrabone, sapins, hêtres et bouleaux en gagnant de l’altitude et puis au-dessus de 2.000 mètres, enfin, la solitude infinie des alpages…

    On raconte que la 1ère ascension du Canigou remonte à 1285. Pierre III d’Aragon, frère du 1er Roi de Majorque, serait l’auteur de cet exploit. En fait, il traversait les Pyrénées avec ses soldats, durant la guerre que lui menait Philippe le Hardi, Roi de France. La légende veut qu’il ait eu à affronter les dragons d’un lac de soufre. Beaucoup de contes catalans évoquent ainsi les créatures étranges qui peuplent la montagne sacrée… Dragons, fées et autres charmantes apparitions… Enfin, toujours est-il que le Canigou envoûte quiconque s’en approche d’un peu trop près… Randonneurs et athlètes en tout genre ne résistent pas à ses attraits, comme celui qui monta le premier à vélo au chalet des Cortalets en 1901 ou le courageux gendarme qui atteint le sommet à cheval en 1907…

    Laissez-vous charmer par cette montagne mythique, qui sait, vous y croiserez peut-être un elfe ou une fée qui se feront un plaisir de vous raconter bien des histoires…

    Deux itinéraires sont possibles par la route, à partir de Vernet-les-Bains, et un troisième au départ de Prades. Dans les deux cas, la dernière partie de l’ascension se fait à pied, en 3 ou 4 heures pour l’aller-retour. Pensez à prendre des bonnes chaussures, un chapeau, de l’eau et un en-cas calorique… Eh oui, on n’a rien sans rien ! Mais quelle récompense une fois au sommet, quelle vue… Je vous promets que vous ne serez pas déçus.

    Et voilà, c’est aussi ça le Pays Catalan !


     

    Le chêne-liège

    Bonjour… On ne rend jamais assez hommage aux arbres pour tout ce qu’il nous permettent de faire…
    Le chêne-liège est ce que l’on appelle, dans le jargon des professionnels forestiers, une essence forestière. On le trouve exclusivement dans le bassin de la méditerranée occidentale et un peu sur les côtes atlantiques.

    En Pays Catalan, ce sont 700 tonnes de liège qui sont produites chaque année. De petite taille, le chêne-liège ne dépasse que très rarement les 13 mètres. À l’état naturel, il peut fêter plus de 500 anniversaires, mais les levées successives de liège diminuent fortement cette longévité…

    Le bois du chêne-liège est dur et lourd. Sa résistance au frottement et à la pourriture sont des qualités demandées dans la construction de certaines pièces de bateaux, des outils et les parquets pour lesquels il était utilisé. Actuellement, sa principalement utilisation, hormis la production de liège, est le bois de feu car il constitue un très bon combustible… Paradoxalement, dans les industries automobile, électrique, de l'ingénierie et l'aéronautique, il est souvent utilisé pour ses propriétés d'isolant et pour sa forte résistance à la chaleur. L'exemple le plus étonnant dans ce domaine, est son utilisation comme bouclier de protection sur les navettes spatiales…

    L’écorce du chêne-liège représente la partie la plus singulière de cet arbre. C’est un tissu végétal formé de cellules mortes qui protège les parties vivantes du tronc et des branches. Elle est légère, élastique, imperméable, elle amortit les impacts, on la transforme facilement, etc…

    Si vous aimez le bon vin vous savez ce que vous devez à cette merveilleuse écorce. La première mention de l'utilisation du liège en bouchage remonte il y a 5 siècles avant J.C. Il était utilisé pour boucher les amphores qui contenaient déjà du vin. Mais c'est à partir de 1681, avec la généralisation de la bouteille en verre, que Dom Pérignon, moine Bénédictin, utilise le liège pour boucher son vin pétillant…

    Une vingtaine de bouchonniers, qu’ils soient artisans ou industriels, sont répertoriés dans les Pyrénées-Orientales et nous comptons même parmi nous le n°2 mondial du secteur… De quoi être fier d’être catalan !


     

    La sardane

    Bonjour… Oui, je l’avoue, je ne suis pas catalane et pourtant dès que j’entends une sardane à la radio, je me précipite sur mon poste pour augmenter le volume sonore...

    La sardane est une danse… la sardane est un symbole… un symbole de joie et de fraternité. Après la langue, elle est la marque même du Pays Catalan. La sardane est joyeuse et fraternelle, elle se danse en rondes fières, les mains fermement unies, en plein air, du printemps à l’automne, sur les places, les lieux d’ermitage et à toutes les grandes occasions… Son origine est aujourd’hui encore sujette à controverse, mais la plupart des musicologues s’accordent à dire qu’elle est issue d’une danse courte, une danse d’hommes appelée le " contrepas ".

    La sardane a acquis sa popularité définitive au milieu du 19ème siècle et au-delà de la beauté de la danse en elle-même, elle permet à tout le monde, sans exception, de rentrer dans le cercle…

    Pour l’accompagner, voici la " cobla ". C’est un ensemble musical composé de " tibles ", de " tenores ", des sortes de haut-bois, de trompettes, de trombones à pistons, de " fiscorns ", l’équivalent du saxophone et enfin d’une contrebasse… Aux premières notes frétillantes et aigües du " flabiol ", un flutiau de berger, les cercles de danseurs se forment.

    Que vous soyez d’ici ou d’ailleurs, je vous mets au défi de résister à l’appel de la sardane. Même les plus réticents auront envie de se joindre à la foule pour partager un moment unique et émouvant…

    Sans que vous y preniez vraiment garde, la mélodie s’élève dans un mouvement plus soutenu que les " tanors " dominent de toute leur puissance. Puis viennent les haut-bois, à la sonorité austère et profonde. Ils célèbrent l’amour et l’allégresse, la douleur et la mort.

    Tout l’esprit du Pays Catalan est contenu dans cette musique que l’on danse depuis des générations et des générations… Laissez-vous faire, vous verrez, vous en redemanderez…


     

    Le sentier des Rhododendrons

    Bonjour, aujourd’hui j’ai chaussé mes gros godillos et je vous emmène en randonnée… facile rassurez-vous ! Direction les hauteurs du Capçir, très exactement à Puyvalador où vous prendrez la direction de la station de ski. À l’entrée du lotissement, vous emprunterez sur votre droite la rue des écureuils pour la remonter jusqu’au chalet n°23 où vous laisserez votre voiture. Face au chalet, vous trouverez, un peu en retrait dans la forêt, un panneau de bois signalant le départ du sentier. Vous marcherez en tout 1H15 et vous aurez à affronter un tout petit dénivelé de 130 mètres à peine. De la rigolade quoi !

    Vous pouvez même faire cette balade un jour de grande chaleur puisque le sentier des rhododendrons est un véritable havre de fraîcheur… Les plus flemmards pourront somnoler en toute quiétude sur les bords d’une jolie rivière propice à la sieste et à la lecture…

    Pour les autres, vous profiterez des splendides points de vue sur les rochers de la Soucarade, sur le Pla des Tourettes, sur le massif des Madres et le Cambre d’Aze.

    Et puis, comme le nom du sentier l’indique, vous saurez, j’en suis certaine, apprécier les buissons de rhododendrons qui bordent le sentier. Les rhododendrons qui peuvent atteindre jusqu’à un mètre de hauteur et qui colorent la montagne de rouge ou de rose au début de l’été. Les feuilles sont coriaces, vertes et luisantes sur le dessus et couleur rouille sur le dessous. Les animaux les évitent puisqu’ils savent qu’elles sont toxiques, pas folles les bêtes !Pour les catalans, cette plante porte plusieurs noms… Allez, je vous les donne en vrac et dans le désordre : " gavet ", " abarset " ou encore " bois de Núria "…

    Et voilà, c’est aussi ça le Pays catalan !


     

    Trois fruits d'Or

    Bonjour… Quoi de plus délicieux, quand on a soif, que de croquer dans un fruit goûteux ? Alors… quelqu’un a-t-il une autre suggestion ? Boire un grand verre d’eau… Oui, c’est vrai aussi, mais permettez-moi d’insister à propos des fruits.

    En Pays Catalan, nous avons dans notre panier surprise de véritables petits bijoux à se mettre sous la dent… Pêches et nectarines sont les fruits de l’été par excellence. Elles sont riches en eau, peu caloriques, d’un apport en vitamines appréciable et elles contiennent des fibres tendres et bien tolérées par notre organisme…

    Que demande le peuple ? Dès le mois de mai, les arboriculteurs sont à l’ouvrage dans leurs vergers. Il faut tout de même rappeler que nous sommes le premier département producteur de France… Ce n’est pas rien, mesdames et messieurs… Et figurez-vous qu’Arnaud de Villeneuve, médecin des Rois d’Aragon, à qui appartenait le Roussillon, leur conseillait déjà de consommer des pêches ! Comme quoi, la bonne réputation de ce produit ne date pas d’hier… Au milieu de 19ème siècle, la ville d’Ille-sur-Têt est considérée comme le principal bassin de production, ce qui lui vaut, plus tard, le surnom " d’Ille aux belles pêches " !

    Et puis il y a la tomate… La merveilleuse tomate qui est bien, oserai-je le rappeler, un fruit, le premier légume-fruit consommé. Elle fut découverte au 15ème siècle, au Pérou, par l’ami Christophe Colomb. Longtemps considérée comme un produit de luxe, elle reste une simple plante ornementale pendant près de trois siècles. Ce n’est qu’au milieu du 18ème siècle que l’on découvre, enfin, ses vertus gustatives. La tomate arrive alors sur toutes les tables du Sud de l’Europe… Bon, et maintenant vous ouvrez toutes grandes vos oreilles… je vais vous donner quelques conseils pour bien la choisir : la tomate doit être souple sous une légère pression du doigt, elle doit être brillante, avec une belle robe rouge et une peau bien lisse… Miam !

    Sur ce, je vous laisse parce que de vous raconter tout ça, moi, ça m’a mis l’eau à la bouche !




    Pablo Casals

    Pablo Casals, un des plus grands violoncellistes connus, est né en Catalogne du Sud, à Vendrell. En 1936, la guerre d’Espagne éclate et, hostile au régime franquiste, il vient s’installer à Prades en 1937 pour y vivre une trentaine d’années.

    Depuis, le centre-ville a peu changé et en suivant l’itinéraire de ses promenades habituelles, vous éprouver sensations et émotions qui vous permettrons de remonter le temps sur ses traces.

    Tout d’abord, au n°15 de la rue des Marchands, la maison de Pompeu Fabra, auteur de la grammaire et du dictionnaire de catalan et grand ami de Pablo Casals. Pendant la guerre, ils passaient souvent les longues soirées d’exil à parler de l’avenir de leur pays.

    Puis avenue du Général De Gaulle, l’Hôtel Hostalrich où le musicien est descendu à son arrivée dans la ville. Il avait alors 60 ans et se croyait en fin de carrière. Très affecté par les malheurs de son pays, il trouva quelque réconfort dans le calme et la paix, sous les tilleuls du jardin.

    Au 36 route de Ria, la villa Colette où il s’installa avec sa gouvernante, Madame Capdevilla, une nièce et quatre membres de la famille Alavedra. Quand il travaillait son violoncelle, fenêtres ouvertes, il y avait parfois un attroupement des gens sur le trottoir pour l’écouter. La conciergerie du Château de Troy où il emménagea ensuite en 1947. C’est là que vinrent le trouver ses amis américains et que fut créé le Festival de Prades. Casals écrivait beaucoup, plusieurs lettres par jour, il donnait des cours d’interprétation et il faisait de lamusique de chambre avec ses amis dont la Reine Elisabeth de Belgique qui était une excellente violoniste…

    Et puis, vous passerez par le musée Pablo Casals qui contient une importante documentation et d’émouvants objets personnels comme des habits de ville et de concerts, des pipes, des chapeaux, des parapluies et bien d’autres encore. Pour terminer, la stèle de Pablo Casals vous attend rue du docteur Lavaill. Ce monument, dû au sculpteur Marcel Homs, a été inauguré en 1975 en présence du Maire de l’époque.

    Et voilà, c’est aussi ça le Pays Catalan !


     

    Les gorges de la Carança

    Thuès entre Valls se trouve sur la route nationale 116, à 60 km de Perpignan et à 30 km de Font-Romeu. Thuès se disait autrefois Toès, qui signifie " le creux ". Les premiers habitants sont venus de Saint-Romain, un hameau disparu qui était situé près de l’actuel Pont Séjourné. Puis virent ceux d’entre-Valls à l’époque appelé " Trevalls " dont il ne reste aujourd’hui que quelques ruines et les vestiges de l’église Saint-Jean évangéliste que l’on aperçoit haut perchée…

    Tous donc s’installèrent à l’entrée des Gorges de la " Querança " où ils étaient le mieux placés pour tirer partie des forêts cachées dans les replis de la montagne.

    Au 14ème siècle Thuès, qui dépendait alors de l’abbaye Saint-Michel-de-Cuxa, avait une forge qui devint une des plus importantes de la région. On y fit du fer jusque vers 1850.

    Thuès-d’entre-Valls et Thuès de Llar, chacune de part et d’autre de la Têt, fusionnèrent en 1823 et comptèrent alors 200 habitants avec tisserands, forgerons, clouterie, deux moulins à farine et une importante vie agricole et pastorale… De toutes ces activités aujourd’hui disparues, il ne reste que la mémoire des archives.

    La Carança a toujours été, encore maintenant, un pôle d’attraction riche et difficile d’accès. Quelque soit le choix de votre promenade, qui peut aller d’une heure à une randonnée de plusieurs jours, la découverte de la forêt profonde, les à-pics vertigineux des corniches, ou le frisson que donne le torrent au franchissement d’un pont suspendu vous inciteront à la prudence tout en appréciant une balade, il est vrai, hors du commun.

    Et voilà, c’est aussi ça le Pays Catalan !



     

    La chapelle Notre Dame de Juhègues

    S’il est un site cher aux habitants de la Salanque, c’est bien la chapelle Notre-Dame de Juhègues. Les premières traces du lieu-dit de Juhègues remontent au 9ème siècle. Sur l’origine du nom du site, deux hypothèses sont avancées. Certains pensent que le nom vient de sa proximité avec la rivière de l’Agly : " juxta aquas ", d’autres penchent pour l’implantation d’une ancienne communauté juive puisque cet endroit était appelé au 12ème siècle : " mansum de Judeyes "… " Maison juives ". Cette seconde hypothèse serait la plus probable même si aucun document ne l’atteste véritablement. Le lieu de Juhègues deviendra ensuite successivement propriété de l’ordre des Templiers en 1220, puis de l’Infant Jacques de Majorque en 1245, des Seigneurs de Castell-Rossello et enfin de Castellnou. Les derniers propriétaires sont les habitants de Toreilles, très attachés à ce lieu…

    C’est au 11ème siècle qu’a sans doute été construite la Chapelle consacrée à la Vierge Marie. Elle était alors beaucoup plus petite puisqu’elle ne faisait que 9 mètres de large sur 9 mètres de long… Ces dimensions modestes étaient alors suffisantes pour la population de Toreilles qui n’excédait pas la centaine d’habitants. D’un point de vue architectural, cette Chapelle romane garde sur ses murs les traces des restaurations successives, la plus conséquentes ayant eu lieu au 17ème siècle. En effet, c’est à ce moment qu’elle fut agrandie d’un tiers que des murs d’enceinte furent élevés ainsi qu’un ermitage qui accueillit, en 1638, François Lavall, premier ermite et gardien de la Chapelle.

    Depuis une dizaine d’années, le village de Toreilles entreprend des travaux de restauration qui ont permis de découvrir au-dessus de l’actuelle entrée de la Chapelle une petite fresque de la Sainte Vierge. Elle daterait du 17ème siècle et elle représente la Vierge Marie tenant dans la main droite une fleur de lys et portant dans la gauche l’enfant Jésus. Depuis peu, un parc s’appuie sur les faces Nord et Ouest de la Chapelle et la construction d’un théâtre de verdure, sur le côté Sud est en projet.


     

    L'anchois de Collioure

    Bonjour… Mon père me dit souvent qu’il trouve que le catalan est une langue complexe… Tu comprends, me dit-il, cette langue s’écrit " chaussure " et se prononce " drap de lit "… Regarde par exemple le mot " anchois "… il s’écrit " anxova " et se prononce " anchobe "… Oui, bon, c’est vrai, mais ces petits soucis linguistiques n’empêchent pas mon paternel de se régaler des anchois de Collioure et je me plais à le lui rappeler…

    De 12 à 15 centimètres de long, ce petit poisson présente un dos bleu et un ventre argenté. Il se pêchait au début du siècle au filet maillant, aujourd’hui c’est aux filets tournants qu’on l’attrape, la nuit, pendant la fameuse pêche au Lamparo… La préparation la plus ancienne répertoriée sur la côte est la " pinyate de cotluire ". Elle est réalisée par les pêcheurs, dès leur arrivée au port. Il s’agit d’éviscérer les anchois pour les mélanger ensuite avec de l’ail émincé et de l’huile d’olive. Mais les anchois se préparent et se mangent de mille et une façon : crus, au vinaigre, avec des herbes, etc.

    La salaison de l’anchois de Collioure remonte au 15ème siècle et son importance était telle, que Louis XI exonéra la ville de Collioure de la taxe sur la Gabelle, autrement dit l’impôt sur le sel. L’ère la plus florissante des saleurs d’anchois se situe aux alentours des années 40 avec alors trente saleurs dans la localité. Malheureusement, ce nombre a fortement diminué et les saleurs ne sont plus aujourd’hui que trois pour une production globale de 650 tonnes par an.

    Les anchois doivent être impérativement salés le jour de la pêche, être éviscérés et rangés en couronne dans les tonneaux par couches. Après pressage, ils subiront une maturation de trois mois afin d’acquérir leur saveur spécifique. Ils seront ensuite conditionnés suivant la demande du client.

    En apéritif ou en entrée, les anchois de Collioure se doivent d’être présents sur une table catalane. Les filets sont en général étalés en étoiles dans des raviers avec une persillade et un filet d’huile, d’olive évidemment ! On peut les accompagner de quelques quartiers d’œufs durs, de tomates et de poivrons grillés. Miam !


     

    Céret

    Bonjour… Céret, capitale du Vallespir, berceau des toutes premières cerises de France, lieu culte de l’une des plus grandes ferias du Pays Catalan…

    Les premiers documents écrits concernant Céret datent de l’an 814. les survivants de l’armée de Charlemagne revenant d’Espagne vont s’installer sur un tertre qu’ils baptisent : " Vicus Sirisidum ".

    Puis des murailles sont construites et ensuite, dès l’an 1023, des remparts protègent la ville et ses habitants regroupés autour de la tour du clocher. Vers la fin du Moyen-Age, Céret sera renommée pour ses forges, ses tanneries, ses tissages de laine et ses teintureries. Pourtant, ce village apparemment paisible, n’échappera pas, au fil des siècles, aux multiples joutes guerrières auxquelles se livrèrent français et espagnols… Elle passa des mains des uns aux mains des autres jusqu’en 1793, date à laquelle les espagnols investirent la ville pour la dernière fois puisqu’un an plus tard, ils en furent définitivement chassés par les troupes révolutionnaires. À partir du 19ème siècle Céret connaît un formidable essor économique. En 1861, le canal d’arrosage transforme l’agriculture et les premiers cerisiers sont plantés. Le blé et les oliviers cèdent leur place à la vigne, le chemin de fer arrive, l’exploitation des mines du Haut Vallespir bat son plein et Céret bénéficie de tout cela.

    Il y a beaucoup de choses à voir ou à revoir à Céret… L’église Saint-Pierre construite au 12ème siècle, une des plus grandes églises baroques du Pays Catalan, le couvent des Capucins édifié au 16ème siècle, le mur d’époque du Castellas qui était le château du seigneur de la ville de Céret, le couvent des Carmes qui abrite aujourd’hui le musée d’art moderne, la fontaine des 9 jets, le pont du diable fait d’une seule arche de 45 mètres d’ouverture , de 4 mètres de largeur et de 23 mètres de hauteur de voûte et construit en 1321… et aussi, datant du 13ème siècle, l’ermitage de Saint Ferreol qui est, avec Saint Pierre, le Saint patron de Céret.


     

    Eglise et ermitage (suite)

    Bonjour… Si je vous dit Prunet et Belpuig, cela ne vous dira peut-être pas grand chose… C’est pourtant un ravissant village des Aspres, à 45 kilomètre de Perpignan, qui mérite grandement que l’on s’y arrête. L’église de la Trinité Saint-Pierre a été consacrée en 953 par l’évêque d’Elne, sous le vocable " San Pere de la Serra ".

    Selon les historiens, dès le 14ème siècle les documents mentionnent un autel dédié à la Sainte Trinité, Saint-Pierre restant toujours le patron de l’église… D’ailleurs, le retable du maître-autel, datant du 18ème siècle, lui est consacré. Quant au Christ roman du 12ème siècle et le retable de la Sainte Trinité, du 18ème siècle, représentant le Père, le Fils et le Saint Esprit sous forme humaine, ils sont également tout à fait admirables. Vous pourrez aussi apprécier un portail du 12ème siècle aux très belles jointures en fer forgé.

    Un peu plus proche de Perpignan, laissez-vous tenter par les environs de Millas, dans le Riberal, à une vingtaine de kilomètres de la Préfecture des Pyrénées-Orientales. Le promontoire de Força Réal, entre l’Agly et la Têt, domine la plaine du Roussillon. Il offre une vue résolument inégalable sur les Corbières, la mer, les Albères, le Conflent, la Cerdagne et le Pic du Canigou.

    La première mention de la forteresse de Força Réal, qui signifie " Force Royale ", date de 1322. La tour servit de frontière entre le Roi de France et le Roi d’Aragon, Comte de Barcelone. À la fin du 17ème siècle, en 1693 précisément, on construisit une chapelle et un ermitage sur les fondations de cette tour. Dix-neuf ans plus tard, l’année 1714 voit se dérouler la première procession annuelle de la paroisse de Millas jusqu’à l’ermitage… Cet ermitage fut ensuite abandonné, laissé en ruine en 1791, puis restauré, d’abord en 1819 puis, plus d’un siècle plus tard, en 1988.

    Si cela vous intéresse, il existe encore beaucoup de chapelles et d’ermitages à découvrir dans le département tout entier… Il suffit d’ouvrir l’œil et le bon…


     

    Les vins du Roussillon

    Bonjour… C’est à l’Antiquité que tout a commencé avec la rencontre de la côte Vermeille et de la vigne des marins corinthiens. C’est là qu’a débuté cette histoire passionnée, cette histoire de la tradition vinicole, transmise au fil des siècles par les vignerons. Méditerranéen par excellence, le climat du pays Catalan apporte à ses vignobles toute son originalité. Les pluies d’automne, généralement fortes, permettent aux ceps de puiser dans d’abondantes réserves d’eau tout au long d’un été chaud.

    Avec plus de 2.500 heures d’ensoleillement par an et des variations de températures idéales, le Roussillon est une terre bénie des dieux pour la vigne. Notre département a été marqué dans sa terre par de nombreux bouleversements géologiques dont on retrouve aujourd’hui les traces dans la diversité des sols et des sous-sols, avec une multitude de terroirs aux caractères bien distincts. C’est cette richesse naturelle qui a permis d’accueillir 15 cépages blancs et noirs à l’origine d’une déclinaison de vins uniques et racés.

    Les Côtes du Roussillon jouent sur tous les tons… rouge, rosé et blanc. Ils sont surtout produits au sud de la Têt sur plus de 5.000 hectares répartis sur 118 communes. Leur production globale est en moyenne de 250.000 hectolitres par an. En ce qui concerne les Côtes du Roussillon Villages, ils sont exclusivement rouges. Issus d’un vignoble de près de 3.000 hectares qui concerne 32 villages du nord de la Têt jusqu’aux contreforts des Corbières, ils sont produits à 100.000 hectolitres par an. Un p’tit truc… Les Côtes du Roussillon Villages sont une pure merveille servis avec les fameuses " boles de picoulat ". Je n’oublierais évidemment pas les Collioure rouges ou rosés. Leur aire de production est strictement limitée aux 4 communes de Collioure, Port-Vendres, Banyuls et Cerbère, soit environ 400 hectares pour une production de 15.000 hectolitres par an. Là encore un p’tit truc… Dégustez-les avec volailles, gibiers ou viandes grillées. Pour finir, au risque de faire un peu maîtresse d’école, je vous rappelle que l’alcool doit être consommé avec modération.


     

    Elne

    Du haut de son oppidum, Elne domine la plaine. De nombreuses recherches archéologiques ont prouvé que le site est occupé depuis le néolithique. Elne est la plus ancienne ville du Roussillon. À partir du 4ème siècle, on la connaît sous le nom de " Castrum Hélénae " et c’est dans ses murs que l’Empereur Constant est assassiné en 350.

    Au 5ème siècle, l’empire romain s’effondre et le site voit l’arrivée des Wisigoths d’Atauf en 413.

    Lorsqu’en 719, le Arabes franchissent les Pyrénées, Elne est l’une des premières villes attaquées. Dès la fin du 10ème siècle, les comtes du Roussillon font de Perpignan leur capitale et Elne reste cité épiscopale. La cathédrale romane est consacrée an 1069. Un peu plus de deux siècles plus tard, Elne est prise, la cathédrale est incendiée et la population qui s’y était réfugiée, fût massacrée par les troupes françaises de Philippe III le Hardi, en guerre contre la couronne catalano-aragonaise. La ville d’Elne sera maintes fois prise et reprise par les uns et par les autres. C’est au tout début du 17ème siècle que le siège épiscopal est transféré à Perpignan.

    En 1641, Elne subit un nouveau siège par les Français et après le traité des Pyrénées en 1659 la ville est française. Ses remparts sont en partie détruit sur l’ordre de Louis XIV.

    Depuis, Elne est devenue une bourgade agricole qui, malgré les destructions successives, garde témoignage de sa splendeur passée.

    Il est impensable d’être à Elne sans visiter sa cathédrale du 11ème siècle ainsi que son cloître de marbre blanc veiné de bleu construit du 12ème au 14ème siècles. Il représente à lui tout seul l’évolution de la scultpure médiévale roussillonnaise et en vous permettant de découvrir deux époques, deux styles, deux sensibilités : l’Art Roman et l’Art Gothique.

    Et voilà, c’est aussi ça le Pays Catalan !


     

    Le Castillet

    Bonjour… La première fois que je suis venue à Perpignan, il faisait beau et j’avais rendez-vous au pied du Castillet. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir, en plein cœur de la ville, un bâtiment de couleur rose éclairé magnifiquement par le soleil ! " Le Castillet c’est la Tour Eiffel de Perpignan ! " me suis-je dit…

    Facilement reconnaissable, cette haute construction de briques qui ressemble à un château fort est l’ancienne porte principale de Perpignan. Le Castillet est constitué de deux tours jumelles massives. Il fut construit à partir de 1368, après que Pierre IV d’Aragon eut démantelé le royaume de Majorque. Les constructions en briques étaient courantes à cette époque. La porte Notre-Dame appelée aussi Petit Castillet fut ajoutée par Louis XI plus d’un siècle plus tard.

    Avec ses mâchicoulis allongés, son joli clocheton à coupole et sa couleur rose, le Castillet signe une architecture militaire originale, propre à la région.

    À partir du règne de Louis XIV, il servit de prison. Aujourd’hui, le Castillet abrite " la Casa Païral " - la maison ancestrale en Catalan - musée d’Arts et de Traditions populaires en Pays Catalan. L’architecture intérieure est splendide avec ses portes et ses poutres massives. Les collections dévoilent une multitude d’objets anciens se rapportant à la vie quotidienne et aux métiers traditionnels de la région. Vous y découvrirez entre autres des meubles exposés dans des intérieurs reconstitués, des objets sacrés ayant servis aux processions et des instruments de musiques catalans. Avant de repartir, n’oubliez pas d’aller sur la terrasse… Elle offre une jolie vue de la ville et de ses environs, avec au loin la silhouette majestueuse du Canigou.

    Et voilà, c’est aussi ça le Pays Catalan !


     

    Promenade dans le lit de la Rotja

    Retirés dans le Conflent, les villages de Fuilla, Sahorre, Py et Mantet ponctuent la vallée de la Rotja. Auprès de ses rives, les jeunes vergers s’en donnent à cœur joie et aujourd’hui encore, cet endroit reste un pôle important dans le département pour la culture de la pomme.

    Une fois que vous avez roulé sur la Nationale 116 jusqu’à la sortie du village de Villefranche de Conflent, vous prenez sur votre gauche la départementale 6 vers Sahorre et Py. Arrivé à Py, vous devez suivre l’indication du parking... N’oubliez pas de vous arrêter une minute au premier bâtiment du village sur la gauche, la maison des " Izards ", où vous trouverez de la documentation utile.

    Le départ du sentier " les Esplanes " se fait après le petit pont de pierre, en contrebas du parking. La balade dure en moyenne une heure et demi, le dénivelé est de 150 mètres, une broutille, et la distance que vous pourrez vous vanter d’avoir parcouru est de 5 km !

    La promenade commence néanmoins par 20 minutes de montée, mais, je vous rassure, à l’ombre de la forêt. Le sentier est très calme et il est balisé par des bornes signalétiques que vous suivrez sans peine. Arrivé au point culminant, le village de Py fait le beau à vos pieds. Puis, vous amorcerez la descente, sur votre gauche. La pente s’accentue et le bruit de la rivière la Rotja commence à se faire plus précis. Vous emprunterez alors un pont de bois, vous verrez l’endroit est magnifique et il se peut même que vous vous preniez pendant quelques secondes pour Indiana Jones en personne ! Une fois vos esprits retrouvés, vous continuerez à descendre au travers d’anciennes culture en terrasse. La présence de vieilles bergeries ajoute au charme du lieu. Et puis, sans que vous vous en aperceviez, la marche prend fin. Vous entrez dans le village de Py et cinq minutes plus tard, hop, vous voilà arrivés à votre voiture.


     

    La Réserve Naturelle Volontaire de Nyer

    Bonjour… Avec 11 réserves naturelles pour un territoire qui s’étend sur 120 km d’ouest en est et 65 km du nord au sud, le Pays Catalan détient bel et bien le record des départements français particulièrement bien dotés par dame nature.

    Parmi ces réserves, se trouve la Réserve Naturelle Volontaire de Nyer qui appartient au département des Pyrénées-Orientales.

    Son rôle est de gérer le milieu naturel au travers d’actions d’information et de sensibilisation.