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Le Patrimoine Maritime Catalan
Trois étangs existent dans le département des Pyrénées Orientales. L'étang de Canet, appelé aussi de Saint Nazaire, l'étang de Saint Cyprien, et l'étang de Salses. Ils ont changé de superficie au cours des années. L'étang de Canet en 1817 faisait 940 ha, 780 en 1849, 570 en 1924, et il mesure aujourd'hui 460 ha. La profondeur aussi s'est réduite, et aujourd'hui elle est en hiver de 1,10m, et réduit nettement dès le mois d'avril. Il est alimenté d'eau de mer par le Grau de la basse. On y trouve donc un mélange d'eau douce et d'eau salée. Quant à l'étang de Salses il est aussi appelé de Leucate, car il est composé de deux cuvettes chacune sur un département, reliées par un grand espace submergé mais peu profond. Il fait aujourd'hui 5800 ha. Au printemps, le point le plus profond du côté de Salses est de 1,90 à 2,30m. Les sources abondent de Salses jusqu'à Toreilles. Ces étangs sont entourés de toutes parts d'une immense étendue de sable sur laquelle poussent des salicornes, et une flore propre au littoral des roseaux dits sanils. Les crabes enragés y pullulent et les petites crevettes sont aussi très communes. Les anguilles y sont également assez abondantes, puis viennent les muges, loups, athérines, gobies, daurades et quelques soles. Les engins utilisés pour la pêche sont de deux sorte : la pêche à la foëne (sorte de râteau) ou la pêche à la trabaque. Les pantannes sont cet ensemble d'engins filets et pieux, dont la disposition est variable. Le col a la forme d'une pyramide tronquée, dont la grande base forme une large ouverture continue avec les ailes, dont le ralingues (bords) sont flottées et lestées ; ces ailes mesurant trois brasses de long. Chaque ouverture est tenue béante au moyen de pieux opposés. Tout ce matériel, ainsi que les voiles des bateaux d'étang à fond plat appelés bettes étaient rangés dans des habitations. En effet, ces zones insalubres ont étés apprivoisées par les pêcheurs, qui ont utilisé les matières à portée de main afin de construire des barraca. Ces barraca, typiques du Roussillon étaient regroupées généralement en hameau et on en comptait encore plus de 130 dans le département il y a 50 ans. A quelques exceptions près, ce type d'habitat était généralement saisonnier : l'été la mer, l'hiver l'étang. On restait à la barraca toute la semaine, ne rentrant au village que le dimanche. Elles sont construites avec des matériaux d'origine organique. L'ossature est faite de bois cloués rapporté par l'étang. Quand au sanils après avoir séché ils sont disposés en bottes reliées par des fils de fer. Les problèmes climatiques sont ainsi résolus : par temps sec, les roseaux se contractent, assurant la ventilation dans la maison, par temps de pluie, ils gonflent assurant une parfaite étanchéité. Les cabanes sont rectangulaires ou à absides. Les ouvertures se pratiquent en découpant le sanil et en fixant un cadre en plage. Ces constructions végétales correspondent donc bien à un choix : les pêcheurs étaient pauvres et avaient besoin d'un habitat peu coûteux et de constructions en accord avec leur vie nomade et leur environnement.
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