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Le Patrimoine Maritime Catalan
Les barques catalanes et autres " barcot " ou " mitja barca " ont servi aussi bien sur la mer que sur les étangs. Adaptées aux différentes pêches à la sardine sur la côte sablonneuse, à l'anchois sur la côte rocheuse ou encore à la pêche à l'anguille sur les étangs, elles sont armées des équipements de pêche adéquats à chacune des prises. Pour la pêche aux bateaux bufs, deux bateaux comptant chacun sept hommes, partaient en mer au milieu de la nuit en suivant la côte. Ils traînaient entre eux un filet, ce qui leur conférait la même fonction que les chalutiers. Cette pêche s'avérait très dangereuse par vent fort car les deux barques devaient s'aborder pour que l'une remette la partie du filet qu'elle traînait à l'autre, et ainsi remonter le filet dans un seul bateau. Pour ce faire les hommes du second bateau embarquaient dans le premier, la manuvre pouvait être très périlleuse car les marins risquaient de tomber à l'eau ou de perdre le filet et le fruit de leur pêche. Une analogie est possible entre le travail de la terre et celui des bateaux bufs car de la même façon qu'une charrue creuse un sillon les bateaux bufs tirent un trait en mer. La pêche au sardinal tient son nom du filet employé pour la pêche à la sardine. Il s'agit d'un long filet droit dérivant à petites mailles dans lequel la sardine se prend par les ouïes. Cette pêche se pratique au coucher du soleil (la prima) et au lever du jour (l'alba). Lorsque les filets sont remontés le poisson est démaillé et rangé dans les cobecs (paniers en osier et en roseau). Cette pêche a disparu après la seconde guerre mondiale avec la venue du lamparo. La pêche au lamparo se pratique de nuit avec deux bateaux, la barque, et le bateau feu sur lequel étaient utilisés deux feux de trois mille bougies chacun. Le filet mesurait deux cent mètres de long et quarante brasses de profondeur. A la tombée de la nuit les feux étaient allumés ce qui faisait remonter les sardines à la surface. A l'aube, le filet tournant était jeté à l'eau, une bouée signal était déposée au départ de la barque qui disposait le filet tout autour du bateau feu, et refermait le cercle sur le poisson. Les pêcheurs resserraient les plombs qui se trouvaient le long de la ralingue inférieure du filet pour le fermer et lui donner la forme d'une poche. En remontant le filet, le poisson était rassemblé dans un endroit précis qui était remonté en dernier. Puis le poisson était mis dans des paniers, et c'est une fois sur la plage que s'effectuait la pesée de la pêche. Les poissons étaient vendus au petit matin ou mis en bocaux pour être conservés. Le commerce de l'anchois fait la réputation de Collioure. Les barques servaient également pour le fret. Ainsi les matières
produites à l'intérieur des terres comme la laine, le bois, le
vin, étaient ramenées dans les villes ou sur la côte pour être
accessibles à un large ensemble de la population et s'exporter sur tout
le littoral.
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