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Le Patrimoine Maritime Catalan
les ex-voto propitiatoires étaient offerts en vue d'une protection lors de longues campagnes de pêche ou dans l'espoir de faire une bonne pêche. A l'opposé les ex-voto gratulatoires sont eux remis à un saint ou à une église par les rescapés d'un naufrage ou d'une tempête, c'est un geste d'action de grâce ; car le saint avait intercédé pour les marins qui lui demandaient secours. Un dernier type d'ex-voto, surérogatoire, est offert sans l'attente d'une faveur réciproque. La patronne des pêcheurs de Collioure est Notre Dame de Consolation, à laquelle est dédiée une chapelle. Mais c'est traditionnellement saint Pierre, par son métier de pêcheur qui est leur protecteur. C'est pourquoi on le trouve souvent représenté dans ces chapelles. Saint Elme, patron des navigateurs, et saint Vincent sont également très présents dans le département. Ces ex-voto peuvent prendre plusieurs formes, ce sont souvent des tableaux retraçant le naufrage et la tempête, le saint imploré étant généralement représenté en médaillon dans un coin du tableau ou alors, le salut venu du ciel est figuré sous la forme d'un trait de lumière. Le nom du donneur, et la date du naufrage sont généralement mentionnés en bas du tableau accompagnés d'une phrase d'action de grâce. C'est une des raisons pour lesquelles les ex-voto sont des documents précieux pour les historiens et les ethnologues. Les thèmes qui y sont abordés sont révélateurs des risques de la mer. Les plus impressionnants sont les déchaînements de la nature. Pour être accrochés en rang serrés sur les murs des églises, ces tableaux sont de dimension réduite et dépassent rarement 70x40 cm. Ils ont également souvent la forme de maquettes reproduisant le bateau échoué ou coulé, que l'on trouve encore dans les églises et les chapelles du littoral. Les marins et gens de mer sont aussi superstitieux, certaines règles sont de mise à bord. Il est interdit de parler de lapin. Si ce dernier doit être mentionné, les marins parlent alors de " l'animal aux grandes oreilles ". Cet animal est considéré comme porte-malheur. De la même façon siffler à bord peut être autorisé si le vent vient à manquer ; par contre, si le vent forci il sera formellement défendu de siffler de peur d'attirer la tempête. Un autre des éléments protecteur sur les barques catalanes est une croix de bois clouée à l'intérieur de la coque sur l'étrave. Les marins pêcheurs soumis aux éléments, les défient tout en s'armant de protections divines afin de se préserver du malheur. Comme le dit l'un d'eux : " la superstition est l'art de s'accorder avec la religion ".
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