La collecte sélective
dans les Pyrénées-Orientales

Un peu d’histoire…
En matière d’élimination des déchets et de récupération des matériaux, la loi qui fait référence est celle du 15 juillet 1975, modifiée et complétée par celle du 13 juillet 1992 qui a introduit la notion de valorisation des déchets par le réemploi, le recyclage ou toute autre action visant à obtenir à partir des déchets des matériaux réutilisables ou de l’énergie.
Jusqu’en 1995, la collecte sélective ne concerne pratiquement que le verre alimentaire, notamment au travers des opérations liées à la recherche médicale car trier le verre permet d’aider la Ligue contre le Cancer à laquelle un forfait est versé pour chaque tonne de verre collectée.
Les premières collectes sélectives des emballages ménagers apparaissent en 1995 à titre expérimental dans des villes pilotes. Dès 1997, la montée en puissance du tri sélectif est constatée et son développement, lié à la création de nouvelles déchèteries, se poursuivra jusqu’en 2002 avant que l’Etat ne mette un frein à la création des déchèteries en suspendant son accompagnement financier aux collectivités locales.
La directive européenne du 11 février 2004 fixe pour chaque Etat membre les objectifs de valorisation suivants, avec comme échéance le 31 décembre 2008 :
| Taux de valorisation |
60 % |
| Taux de recyclage |
55 % à 80 % |
| Recyclage par matériaux : |
|
Métaux |
50 % |
Papier/ carton |
60 % |
Plastique |
22.5% |
Bois |
15 % |

Le tri sélectif dans les Pyrénées-Orientales, comment ça marche ?
Le principe repose sur la séparation des ordures ménagères et des emballages dits « propres et secs » (flaconnages plastiques, boîtes métalliques, cartonnettes, briques alimentaires et papiers journaux magazines). Il existe 2 types de collecte qui diffèrent par le mode de conteneurisation :
- la collecte en porte à porte (PAP) correspond à la mise à disposition d’un bac individuel à couvercle jaune ou d’un bac de regroupement dans le cas des habitats collectifs. La fréquence de collecte est hebdomadaire et elle est soit substituée, soit ajoutée, à un jour de collecte des ordures ménagères traditionnelles.
- la collecte en apport volontaire (PAV) correspond à la mise à disposition, pour environ 400 personnes, d’une colonne à emballages recyclables associée à une colonne à verre. La fréquence de collecte peut être hebdomadaire ou bimensuelle en fonction du taux de remplissage.

La collecte en PAP demande moins d’efforts aux habitants, mais elle présente un surcoût pour la collectivité par rapport à la collecte en PAV dans la mesure où elle nécessite l’achat des conteneurs individuels et une fréquence de collecte plus importante. De plus la qualité du tri n’est pas toujours satisfaisante (20% de refus contre 8% pour le PAV) et si une personne ne trie pas correctement dans un quartier, c’est toute la collecte de ce même quartier qui est souillée et ne pourra donner lieu à recyclage.
Tous les déchets recyclables, collectés par bennes à ordures ménagères ou par camions plateau, sont acheminés dans l’un des 8 quais de transfert du SYDETOM 66 avant d’être conduits par semi-remorques, au centre de tri de Calce.
Ces déchets passent ensuite sur une chaîne de tri, où des agents les séparent selon les 7 catégories de matériaux suivants :
Les différents matériaux sont alors conditionnés sous forme de balles pour être transportées vers les industries de recyclage (papeteries, verreries, aciéries, plasturgies…)

Le devenir des emballages recyclés, au niveau national, en 2005 …
L’acier :
313 000 tonnes d’emballages en acier ont été récupérées et ont servi à la fabrication d’objets usuels dans l’électroménager, le mobilier, les boites de conserve qui contiennent 25% d’acier recyclé et dans l’automobile (40% de l’acier d’une voiture neuve sont issus du recyclage)...
18 000 |
|
=> |
1 |
 |
L’aluminium :
14 000 tonnes d’emballages en aluminium ont été récupérées et ont servis à la fabrication
de trottinettes et de vélos...
125 |
|
=> |
1 |
 |
670 |
|
=> |
1 |
 |
Les briques alimentaires :
1,2 milliards de briques alimentaires ont été récupérées et ont servi à la fabrication de papiers sanitaires ou domestiques, de papiers peints, de papiers cadeaux.
Les papiers-cartons :
393 000 tonnes d’emballages en papier-carton ont été récupérées et ont servis à la fabrication de carton ondulé.
Les plastiques :
6 milliards de bouteilles et flacons en plastique ont été récupérés et ont servis à la fabrication de tuyaux, de bracelets de montre (2 bouteilles en plastique donnent un bracelet)...
Le verre :
5 milliards de bouteilles en verre ont été récupérés et ont servi à la fabrication de nouvelles bouteilles en verre.
Tonnages collectés en 2006 dans les Pyrénées-Orientales (hors collecte sélective des hauts cantons)
Tonnages collectés en 2006 dans les Pyrénées-Orientales
(hors collecte sélective des hauts cantons)
| Bouteilles et flaconnages plastiques |
852 tonnes |
| Journaux revues magazines |
11 059 tonnes |
| Aluminium |
21 tonnes |
| Briques alimentaires |
26 tonnes |
| Papiers |
1 967 tonnes |
| Cartonnettes |
2 302 tonnes |
| Acier |
238 tonnes |
| Verre |
11 137 tonnes |
Total |
27 602 tonnes |

Le saviez-vous ?
- 1 tonne d’acier recyclé fait économiser 1 tonne de minerai de fer et évite un impact sur l’effet de serre équivalent aux émissions d’une voiture roulant sur 8500 km.
-
l’aluminium se recycle à 100% et à l’infini, et permet d’économiser des ressources naturelles et 95% de l’énergie nécessaire pour fabriquer l’aluminium de 1ère fusion,
-
1 tonne de briques alimentaires recyclées permet d’économiser 2 tonnes de bois,
-
le carton se recycle 1 dizaine de fois, et 1 tonne d’emballages en carton recyclé fait économiser 2,5 tonnes de bois,
-
1 tonne de plastique recyclé fait économiser entre 600 et 800 kg de pétrole brut,
- le verre se recycle à 100% et indéfiniment.

Les points forts de l'année 2006
En 2006, le gisement des ordures ménagères (ordures ménagères résiduelles + déchets énagers recyclables) s’ établit à 209 420 tonnes sur l’ ensemble du département, ce qui correspond à 502 kg par habitant permanent et par an. En prenant en compte la population touristique, ce ratio passe à 417 kg en équivalent-habitants, et est comparable à la moyenne nationale de 2004 qui s’ établissait à 425 kg par habitant.
Cette année, 29 082 tonnes de déchets ont été recyclées, ce qui correspond à 14% de la production annuelle des ordures ménagères. On note à nouveau une amélioration de la qualité et de la quantité de la collecte sélective avec cependant un taux de progression de 8,1%, inférieur au taux de 2005 (12,6%). La moyenne 2006 par habitant permanent est donc de 70 kg, conformément à la prévision établie en 2005 (ramenée à 58 kg en équivalent-habitants).
A titre de comparaison, la moyenne nationale pour le recyclage en 2004 était de 53 kg/hab permanent par an. Cependant, avec un gisement potentiel de déchets ménagers de 100 kg par habitant et par an, des marges de progression sensibles apparaissent, qui permettraient d’ améliorer encore ces performances.

Les équipements des Pyrénées-Orientales
En matière d’ élimination des déchets et de
récupération des matériaux, la loi de référence
est celle du 15 juillet 1975, modifiée et complétée
par celle du 13 juillet 1992, qui a introduit
la notion de valorisation des déchets par
le réemploi, le recyclage ou toute autre action
visant à obtenir, à partir des déchets, des matériaux
réutilisables ou de l’ énergie.
Jusqu’ en 1995, la collecte sélective ne
concerne pratiquement que le verre alimentaire,
les premières collectes sélectives des
emballages ménagers apparaissant à titre
expérimental dans des villes pilotes. C’ est en
1997 que le tri sélectif monte en puissance.
L’ objectif de cette approche, fondée sur le tri,
consiste à extraire les matières recyclables
(verre, emballages et journaux-revuesmagazines)
du flux total de déchets bruts devant être incinérés ou mis en décharge, et répond ainsi aux orientations de la directive européenne du 11 février 2004 ainsi qu'à une forte attente de l'opinion publique.
Fin 2006, 99% de la population permanente des Pyrénées-Orinetales est dessevrie par un dispositif de collecte sélective selon 2 modes de conteneurisation différents :
- en porte à porte pour 71% de la population desservie, principalement dans la plaine roussillonnais, avec un habitat pavillonnaire important,
- en apport volontaire pour 29% de la population desservie, dans un contexte très rural ou au contraire, d'habitat vertical.

Bilan matière de l'année 2006

-
11 912 tonnes de verre ont été recyclées dont 11 137
tonnes directement transportées aux verreries du Languedoc à Vergèze (30) et 775 tonnes en provenance
des Hauts Cantons, traitées en Espagne. Ces chiffres
révèlent un léger ralentissement de la croissance en
2006 avec 28,5 kg/hab.an contre 29 kg/hab en 2005.Cette tendance a également été constatée au niveau
national puisque le bilan des 2 dernières années fait
apparaître un net coup de frein : - 1% en 2005 et - 2%
en 2006. Cependant, avec un pourcentage de valorisation
proche de 70%, le département des P.O. se situe
largement au dessus de l’ objectif de valorisation national,
fixé à 60% à échéance 2008.
-
17 710 tonnes d'emballages ménagers (hors verre) ont été recyclées dont 16 465 tonnes via le centre de
tri de Calce. Le solde de 705 tonnes correspond aux
tonnages provenant des collectivités de
Cerdagne et du Capcir qui ont été triés et recyclés en
Espagne.
La figure ci-dessous représente la performance de la collecte sélective
des déchets ménagers recyclables sur le département à
la fin de l’ année 2006.
Ces performances ont été calculées à partir de la population
permanente du département. Elles sont donc surévaluées pour les secteurs touristiques présentant de fortes
variations saisonnières.

L’ année 2006 correspond à une année en demi teinte
avec :
-
d’ une part, un essoufflement des performances de collecte
dans certains secteurs comme le Rivesaltais, la
Côte Vermeille et la Haute Vallée du Sègre,
-
d’ autre part l’ optimisation de la collecte sélective
(passage de l’ apport volontaire au porte à porte) sur
certains quartiers de Perpignan et du SIVM de la Soulane,
la mise en place, en cours d’ année, de la collecte
sur Cabestany et l’ augmentation du tri par les touristes
comme le montrent les très bonnes performances des
Angles, de Bolquère ainsi que des secteurs des Albères
et du Sud Roussillon.
Il est à noter, qu’ au cours de l’ année 2006, des contraintes
techniques ont entraîné des modifications dans le suivi des
tonnages des déchets collectés sur Perpignan et la Communauté
d’Agglomération. Cette nouvelle approche a
pour conséquence directe le cumul des performances de la
ville de Perpignan avec celles des autres communes du
territoire communautaire, qui se traduit par un résultat
unique à l’ échelle de la Communauté d’Agglomération .

Conclusion/ perspectives
Le dispositif permettant d’assurer la collecte
sélective des recyclables est maintenant en place
dans la quasi-totalité du département. Pour la 5ème
année consécutive, les performances affichées
sont en augmentation même si l’ on constate un
léger ralentissement du taux de progression par
rapport aux années précédentes (8% en 2006
contre 12% et 20% respectivement en 2005 et
2004).
Ces bons résultats s’ expliquent par un perfectionnement
du tri dans les zones à forte fréquentation
touristique et par l’ optimisation du mode de collecte
qui est passé, en de multiples endroits, de
l’ apport volontaire au porte à porte.
La poursuite de cette dynamique à l’ échelle du
Département va maintenant dépendre d’ une meilleure
gestion du tri sélectif sur des secteurs à forte
densité comme Perpignan.
Ce cinquième bilan conduit donc à proposer aux
collectivités en charge de la collecte, les pistes de
progression suivantes :
-
un renforcement de la collecte dans la périphérie de Perpignan , dont la réussite conditionnera,
compte tenu de son poids démographique,
le respect des objectifs fixés pour l’ ensemble
du département,
- la communication pour les secteurs équipés
depuis plusieurs années, en vue de relancer la
motivation de la population et d’ améliorer les
gestes de tri,
- la colecte du verre, qui, sur certains secteurs,
reste encore perfectible,
-
la collecte des recyclables issus des petits commerçants et des gros producteurs comme les administrations et qui constituent
un gisement important aisément mobilisable.
Afin d'optimiser le dispositif de collecte existant
et d’améliorer la connaissance du gisement potentiel
de recyclables ménagers, encore présent dans
les ordures ménagères amenées à l’UTVE de
Calce, le Conseil Général a décidé de confier, en
2007, à un bureau d’études, la réalisation de deux
campagnes de caractérisation des ordures ménagères
produites sur le département. Les phases
d’échantillonnages, qui se déroulent au niveau
des quais de transfert, ont eu lieu pendant les vacances
scolaires de février et de juillet-août et
devraient permettre de mesurer ainsi l’incidence
du flux touristique.
L’efficacité de la collecte sélective passe également
par l’optimisation de ses coûts. Il serait, dès
lors, intéressant de dresser un bilan économique
précis et détaillé des dépenses de fonctionnement, ce dernier pouvant être réalisé à partir des
rapports annuels « déchets » des principales
collectivités.
D’ores et déjà, il semble évident qu’une redéfinition
de l’organisation de la collecte (tournées,
véhicules…) et la généralisation de la redevance
spéciale auprès des activités professionnelles
pourraient réduire l’impact financier de la
collecte sélective supporté par les collectivités
compétentes en la matière.

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