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Réserve de Nyer
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Milieu naturel


 

La géologie



Le domaine appartient à l'unité géologique du massif de la Carança. Sa quasi-totalité est ainsi constituée par les gneiss oeillés de la Carança avec cependant trois sous-secteurs où ces gneiss sont injectés de granites alcalins.

Par contre, l'extrémité nord de la Réserve est d'une grande complexité (intercalations de micaschistes, mylonites, granites calco-alcalins, gneiss fins, marbres calcaires et dolomites).

Au niveau des particularités géomorphologiques du site, on notera la présence d'un pla d'altitude à Serra Gallinéra. Par ailleurs, la Réserve de Nyer présente un relief de gorges impressionnantes plutôt rare.

 

 

 


 

La faune

 

Du microcosme des insectes aux grands ongulés en passant par une avifaune riche et diversifiée, le territoire se caractérise par une grande biodiversité animale.

A l'heure actuelle, la connaissance scientifique de la faune du site se résume au chiffre suivant : 1365 espèces animales répertoriées.

Les mollusques
L'inventaire reste succinct mais démontre la présence de 11 espèces.

Les arthropodes
(araignées, scorpions, crustacés, insectes)
Les Lépidoptères (papillons) ont fait l'objet d'un recensement exhaustif : 511 espèces de papillons ont à l'heure actuelle été recencées, dont 4 espèces au statut particulier : l 'apollon, emblème de nos montagnes et espèce protégée côtoie ainsi notamment la proserpine et l'azuré du serpolet.
Dernièrement, l'inventaire des odonates (libellules) a montré la présence de 10 espèces.

Les poissons
La rivière de Nyer, appelée aussi "le Mantêt", cours d'eau à l'accès difficile, est peuplée de truite fario.

Batraciens et reptiles
Un premier inventaire a été réalisé en 2001 et a démontré la présence de 3 espèces d'amphibiens et 8 espèces de reptiles.

Soumise à la fois aux influences climatiques méditerranéennes et montagnardes, le territoire permet aussi bien le développement d'espèces méditerranéennes tel le Lézard ocellé que celui d'espèces plus montagnardes comme la grenouille rousse.

A titre d'exemple, la Salamandre tachetée est présente sur l'ensemble de l'étage forestier de la réserve, les femelles regagnant chaque année les affluents des rivières de Mantet et de la Carança pour la mise bas.

Toutefois, le manque de points d'eau sur le site tend à réduire les capacités d'accueil du milieu pour certaines espèces. Le réaménagement de points d'eau devra être envisagé, les points d'eau contribuant également à favoriser les conditions du pastoralisme sur la réserve.

L'avifaune
Elle est fortement représentée. La vie de rapaces tel l'aigle royal est favorisée par l'abondance des falaises mais de nombreux passereaux tels le merle bleu ou l'alouette lulu aiment également fréquenter le territoire de la réserve. A ce jour, la présence de 93 espèces d'oiseaux a été démontrée.

Les mammifères
L'isard, ongulés de nos montagnes pyrénéennes partage ce coin de nature avec de nombreux mammifères tels le chat sauvage, la martre, la genette, le desman des Pyrénées, la marmotte...

Une attention particulière a été portée depuis 2002 sur les Chiroptères appelés également chauves-souris. Ainsi, un premier inventaire a permis de mettre en évidence la présence de 14 espèces de chauves-souris sur le territoire de la Réserve.

Les chauves-souris sont inoffensives et elles jouent, dans nos pays occidentaux, un rôle important dans la régulation des populations de certains insectes dont elles se nourrissent.

Rappelons que toutes les espèces de chauves-souris vivant en France, sont protégées et ne doivent donc en aucun cas faire l'objet de destruction.


 

Travaux scientifiques

Les premières études sur la flore et la faune apparurent fin XIXème siècle. Mais il faut attendre la seconde moitié du XXème siècle pour voir émerger de de plus sérieux travaux scientifiques sur le territoire concerné.

En effet, la Réserve ne se situe pas sur les grandes voies de prospection habituellement suivies et son degrè de pénétrabilité est très faible.

L'étude scientifique préalable à la création de la Réserve, réalisée par l'association Charles Flahault est un outil majeur dans la connaissance du site. Des observations et suivis réguliers de la faune et de la flore devraient permettre de parfaire les savoirs, valoriser l'intérêt du site et envisager l'avenir de la Réserve.

Actuellement, la Réserve poursuit les inventaires, en faisant le plus souvent appel à des spécialistes.

La Réserve met en place des suivis spécifiques et participe aux actions de réseaux scientifiques comme l'OGM (Observatoire des Galliformes de Montagne), l'IDes (Institut Européen d'Etudes et de Conservation du Desman des Pyrénées)...

Par ailleurs, afin de mieux comprendre les paysages et leur évolution, une étude toponymique a été réalisée dès 2001. Elle apporte de précieux renseignements sur les différentes utilisations passées du site.

Enfin, pour poursuivre la connaissance scientifique du site et envisager des mesures de gestion appropriées, la Réserve s'est dotée du S.I.G, Système d'Information Géographique, outil informatique de cartographie.


 

La flore

La prédominance des formations forestières traduit le caractère sauvage de ce territoire.

Les parties basses de la Réserve sont caractérisées par la présence du chêne vert et de son cortège mais d'une manière générale, une grande variété de feuillus occupent l'étage montagnard avec des ilôts de pin sylvestre.

Le pin à crochet domine dans l'étage subalpin notamment sur le versant ouest de la vallée de la Carançà.

Essentielles pour lutter contre l'érosion des sols face à de forts dénivellés, ces formations forestières sont ponctuées de biotopes diversifiés : milieux rupestres et humides, pelouses, landes. Cette mosaïque de milieux naturels induit une richesse floristique remarquable.

Parmi les 816 espèces végétales répertoriées à ce jour (hors mousses hépatiques et lichens), 80 ont un statut particulier, 2 espèces étant protégées au plan national comme l'Androsace de Vandel, visible au niveau de certains escarpements rocheux.


 

Témoignages historiques

Par le passé, les hommes vivaient pour et grâce à la montagne : ils cultivaient fruits et légumes sur des terrasses qu'ils aménageaient appelées "feixes", élevaient bovins, ovins et utilisaient le bois de la forêt pour la fabrication de charbon à des fins minières.

De longues périodes les attendaient donc dans ce milieu difficile aux reliefs escarpés et aux conditions climatiques parfois très dures. Ils ont donc érigé des constructions, de la plus simple à vocation d'abri temporaire, à la plus élaborée où ils séjournaient avec leurs troupeaux.

Le Col de Bernat

Ces constructions en pierre sèche étaient réalisées avec les matériaux trouvés sur site. 110 constructions ont ainsi été répertoriées sur la Réserve. Ces témoignages du passé constituent un réel trésor du patrimoine culturel local. Dernièrement, un inventaire complémentaire de ces constructions a été effectué afin de mettre en oeuvre, à moyen terme, un programme de restauration des éléments les plus remarquables.

La nécessité de les conserver mais surtout de les restaurer est une évidence pour nous.
Parmi toutes ces constructions, notons la présence de la grange de Prounédous et d'un édifice religieux, la chapelle de Notre Dame de La Roca.

 

La chapelle de Notre Dame de La Roca

 

La légende de la chapelle :

Une fille de Nyer était allée à la montagne pour y faire un fagot de bois. Sa besogne terminée, elle regagnait le village quand elle fit une chute au pied d’une grotte. Se relevant, elle découvrit sur le sol une image de la vierge.

De retour au village, elle déposa celle-ci à l’église Saint-Jacques de Nyer mais l’image disparut pendant la nuit et fut retrouvée à l’endroit même où elle avait été découverte.

L’on en déduisit que c’était là que Marie voulait être vénérée.

L’aspérité des rochers rendant difficile l’édification d’une chapelle, c’est face à la grotte, de l’autre côté de la rivière que fut bâtie la chapelle de la Roca.

D’après P. Vidal
"Guide historique et pittoresque des P-O"



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